Une formation à l’éthique pour les médecins

Publié le : 19 mai 2003

En France, il n’existe quasiment pas d’enseignement de l’éthique à l’université de médecine. C’est pourquoi, en octobre dernier, Jean-François Mattéi avait commandé un rapport sur la formation à l’éthique à Alain Cordier, président du directoire de Bayard et ancien directeur de l’AP-HP. Ce rapport est aujourd’hui rendu public.

 

Les professions de santé sont en crise, « en souffrance » estime Alain Cordier. Principales causes : l’excès au recours du principe de précaution, la montée des droits des malades, les contraintes financières qui entraînent « une perte du sens de la pratique médicale et soignante ». Pour aider les professionnels de la santé, Alain Cordier préconise d’infuser de l’éthique à tous les niveaux du parcours universitaires des futurs soignants sous forme d’enseignement théorique mais également pratique.

 

Avant même la 1ère année d’étude, il pourrait être proposé un « éveil à l’éthique » sous forme de stage préparatoire dans une institution de soins. Plus tard au cours du premier puis du second cycle d’étude, les élèves seront sensibilisés au « questionnement d’éthique dans le quotidien des soins, les situations de crise et la recherche ». En troisième cycle, les internes et les chefs de clinique devraient suivre un séminaire de réflexion éthique de trois jours pour voir leur internat ou leur clinicat validé. Le but est d’introduire, « la capacité à douter »  à partir de l’étude de cas précis. Pour cela il est envisagé de faire appel à des intervenants « référents » en éthique médicale.

 

Pour poursuivre cette réflexion dans le milieu professionnel, il existe d’ores et déjà des comités d’éthique hospitaliers créés au gré des bonnes volontés globales. Alain Cordier suggère de les relier à une charte nationale élaborée par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et suggère qu’ils rendent compte de leurs travaux devant les commissions médicales d’établissements (CME) des hôpitaux. Ces structures devraient à terme disparaître pour être remplacées par des Espaces éthiques, c’est-à-dire des lieux où se retrouveraient les soignants pour parler des problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces espaces seraient les vrais centres névralgiques de la réflexion éthique.

 

Jean-François Mattéi a annoncé qu’il allait saisir le CCNE, le ministre chargé des universités, les ordres professionnels et l’ensemble des instances concernées pour étudier la faisabilité de ces propositions.

<p>La Croix (Marianne Gomez) 19/05/03</p>

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