Un test génétique pour prédire l’heure de sa mort : outil révolutionnaire ou passage au crible dangereux ?

Publié le : 7 septembre 2015

Une équipe internationale dirigée par le professeur James A. Timmons (XR Genomics Ltd, King’s College de London) a publié ce matin un article dans le Genome biology dans lequel elle annonce avoir « mis au point un test génétique diagnostiquant (à partir d’un simple prélèvement de sang) l’état réel de vieillissement de votre corps ».

 

Ce test « ne permet guère de modifier le cours intime des évènements », mais les chercheurs y voient « une méthode qui permettrait notamment de mieux guider (chez des personnes âgées) les prélèvements d’organes destinés à être transplantés », de « mieux cibler les campagnes de dépistages », ou encore d’« éclairer les actions à mener pour identifier les personnes à risque de souffrir d’une maladie neurodégénérative et mener chez elles des actions de préventions ». Cette découverte suscite également, pour d’autres raisons, l’intérêt des compagnies d’assurances.

 

L’équipe de chercheurs a retenu 150 marqueurs génétiques qui permettent à partir d’un prélèvement sanguin d’« établir une ‘signature’ quant au temps qui, à partir d’un certain âge, vous reste à vivre ». Le test mis au point ne révèle pas « l’âge de votre état civil, ni l’âge de vos artères, mais le temps qu’il vous reste à vivre si aucun accident brutal (suicide, accident de la circulation) ne vient interrompre le cours de votre existence ». Il est utilisable « à partir de 40 ans ».

 

Les principaux signataires ont déjà « déposé un brevet protégeant leur découverte, brevet détenu par la société XRGenomics ». Pour le Professeur Timmons ce travail « soulève sans aucun doute un certain nombre de questions importantes, mais nous sommes jugés sur notre âge et cela pourrait être là une manière plus intelligente de le faire ». Pour Jean Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, « une telle commercialisation par une société privée imposerait une analyse politique et la saisine des instances bioéthiques ».

<p>Jean Yves Nau (07/09/2015)</p>

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