Un homme gravement brûlé sauvé par des greffes de peau de son jumeau

Publié le : 23 novembre 2017

Un homme de 33 ans, brûlé au troisième degré sur la quasi-totalité du corps a été sauvé grâce aux greffes de peau de son frère jumeau. Il a été pris en charge au centre de traitement des brûlés de l’hôpital Saint Louis, par les équipes du Professeur Mimoun (chirurgie plastique et reconstructrice) et du Professeur Alexandre Mebazaa (anesthésie-réanimation). Une nouvelle « enthousiasmante », commente Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine.

 

Victime d’un accident de travail en septembre 2016, le jeune homme est pris en charge dans un état critique : « ses chances de survie étaient quasiment nulles ». Rapidement, son frère jumeau accepte de donner sa peau. Puisqu’ils sont jumeaux homozygotes, ils ont un capital génétique identique et la peau greffée ne sera pas rejetée : « le patient vivra toujours avec la peau de son frère sans aucun traitement immunosuppresseur ». Le prélèvement d’organes et de tissus sur donneur vivant[1] étant soumis à autorisation de l’Agence de Biomédecine, celle-ci auditionne donc le frère jumeau, et donne son accord. Trois interventions sont menées : à chaque fois les deux frères sont opérés au même moment afin de réaliser le transfert immédiat de la peau.

 

Le « recul d’aujourd’hui permet d’être certain du succès de cette spectaculaire entreprise » : le patient est en cours de rééducation, il peut de nouveau marcher et il est rentré chez lui. Pour le professeur Mimmoun, « le procédé reste exceptionnel [un brûlé n’a pas toujours un jumeau], mais il a permis de faire des observations extraordinaires » qui auront des répercussions sur tous les grands brûlés. « Nous avons clairement démontrés que si nous disposions d’une peau universelle, nous pourrions sauver les très grands brûlés par des techniques précises chirurgicales et de réanimation » déclare-t-il.

 

[1] « Chez les grands brûlés, l’utilisation de peau de donneur décédée est classique mais elle est systématiquement rejetée au bout de quelques semaines et doit être remplacée »

<p>Le Figaro santé, Frédéric Picard (23/11/2017); Jean-Yves Nau (23/11/2017)</p>

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