Ukraine, Russie : des « magasins de bébés en ligne » ?

Publié le : 1 juillet 2020

L’Ukraine s’est lancée dans l’industrie de la GPA dans les années 2000, mais elle a « explosé il y a environ cinq ans après l’interdiction de la GPA commerciale pour les étrangers en Inde et en Thaïlande ». Comparés à ceux des Etats-Unis ou du Canada, avec « 37 000 euros par gestation », ses prix sont particulièrement attractifs.

On estime que « 2.500 à 3.000 enfants naissent chaque année en Ukraine pour des clients en dehors du pays ».  Et « plus du tiers d’entre eux » sont destinés à une clientèle chinoise. 

 

En dehors de toutes lois, les mères porteuses peuvent être « victimes d’abus ». Olga Korsounova, qui à « 27 ans, en est à sa troisième GPA, dont une a échoué », explique que « très souvent », des Ukrainiennes, majoritairement payées au noir, « ont du mal à obtenir l’argent promis ». Les intermédiaires « malhonnêtes » profitent de ce qu’elles cachent leur grossesse à leur entourage pour  et les « manipuler », et « s’accaparer une partie de la rémunération ou de la compensation prévue en cas de complications médicales ».

 

Serguiï Antonov, chef d’un cabinet d’avocats spécialisé, raconte que « certains parents biologiques sont aussi victimes d’escroqueries financières, voire découvrent que leurs enfants n’ont pas de lien génétique avec eux ». Et là, « c’est le chaos total ».

 

Par ailleurs, « les forces de l’ordre soupçonnent certaines cliniques d’utiliser la GPA pour couvrir la vente d’enfants. En avril, la police a ainsi annoncé avoir démantelé à Kiev un groupe criminel ayant trafiqué environ 150 bébés ».

 

Le représentant de la présidence pour les droits des enfants, Mykola Kuleba, a récemment dénoncé « l’exploitation » des Ukrainiennes et appelé « à interdire cette pratique », déplorant que l’Ukraine devienne « un magasin de bébés en ligne ».

 

Pour Olga Korsounova, « ce n’est pas de l’exploitation, personne ne nous force » mais, elle reconnait vendre «  une partie de sa santé » pour « échapper à la misère ». Elle ajoute : « si j’avais un emploi normal, bien sûr que je ne l’aurais pas fait ».

 

En Russie, qui est comme l’Ukraine « un des leaders mondiaux du ‘tourisme procréatif’ », la situation n’est pas meilleure. Dans ce pays, la Chine – où la GPA est interdite – est en passe de devenir le premier client des mères porteuses russes : avec la fin de la politique de l’enfant unique en 2015, « de nombreux couples chinois, souvent trop âgés pour procréer, passent le frontière ». Chaque année, ils seraient 5000 à recourir aux services d’une mère porteuse russe.

<p>AFP, Ania Tsoukanova et Olga Shylenko (30/06/2020) - le Courrier de Russie, Ekaterina Pitchouguina (29/06/2020)</p>

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