[Tribune] Grégor Puppinck « Avortement : repoussons les limites de l’humanité »

Publié le : 5 février 2014

 

 L’homme est-il un concept philosophique, une idée, une abstraction ? Ou bien est-il une réalité intangible ? Le nombre alarmant d’avortements pratiqués en Europe (1,2 millions chaque année au sein de l’Union Européenne, dont 220 000 en France) nous met face à de lourdes questions. Grégor Puppinck dans une tribune pour Famille Chrétienne, plaide pour déplacer les frontières de l’humanité pour y inclure la vie prénatale.
 

 

La première nécessité observée par Grégor Puppinck est de « changer les mentalités » face à la question de l’avortement. Pour tendre vers « un plus grand respect de tout être humain, dès sa conception » et « d’une plus grande solidarité pour les femmes enceintes ». Pourquoi fixer ces deux objectifs ? Car les premiers touchés par la souffrance d’une « déshumanisation » sont les enfants à naître, alors perçus comme de « simple[s] amas de cellules » et la femme enceinte à qui on donne « le pouvoir inhumain […] de mettre fin volontairement et consciemment à la vie d’un être humain ».
 

 

Le raisonnement déraille quand on tente d’ « identifier l’homme à partir d’une idée« . Grégor Puppinck souhaite que soit reconnue l’existence de l’être humain « avant la naissance et depuis sa conception » car il est bel et bien « une personne en gestation » et en cette qualité, il mérite protection. Les partisans de l’IVG seraient, selon lui, bien incapables de dire « quand l’être deviendrait humain, simplement parce qu’ils séparent l’être de l’humain ». Cela correspond à une idée abstraite de l’homme, idée à laquelle l’embryon, le fœtus ou même le trisomique, ne sauraient correspondre car ils sont loin du « type d’homme parfait »
 
La deuxième nécessité pour Grégor Puppinck est de poser autrement la question de l’avortement.  Il ne s’agit pas « de savoir s’il existe ou non un droit individuel à l’avortement » mais de savoir où sont les « limites de l’humanité ». « La réponse est dans l’observation consciente, le constat de l’existence réelle d’une vie humaine et individuelle dès la conception ». Les frontières de l’humanité doivent s’étendre à la vie prénatale, comme dans le passé, cela a été fait pour « d’autres catégories de personnes (esclaves, femmes, enfants, ‘sauvages’) ». Cela coûte cher en renoncement aux égoïsmes qui nous habitent mais c’est un progrès.
 
Les signes d’une transition culturelle. Il observe des signes positifs en Europe, à commencer par l’initiative UN DE NOUS qui a obtenu le soutien record de 2 millions de signatures en Europe. A noter aussi, « une douzaine de pays européens [qui] ont discuté ou adopté les lois visant à mieux protéger la vie prénatale et à davantage soutenir les femmes enceintes ». Par ailleurs, de récentes décisions de la Cour de Justice de l’Union européenne, du Parlement européen et du Conseil de l’Europe sont encourageantes, d’autant plus que le rapport « Estrela » visant à faire de l’avortement un droit fondamental a été écarté (Synthèse Gènéthique du 11 décembre 2014). Il évoque la Marche pour la Vie en France qui réunit chaque année plus de participants. Enfin, aux Etats-Unis, « seuls 12% de la population américaine estiment encore que l’avortement est moralement acceptable ». 
<p> Famille Chrétienne (Grégor Puppinck) 03/02/2014</p>

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