Transplantation cardiaque : l’Académie de médecine recommande des « évolutions »

Publié le : 30 novembre 2020

Dans un rapport adopté le 10 novembre, l’Académie de médecine recommande plusieurs évolutions concernant la greffe cardiaque en France, et notamment son entrée dans le protocole Maastricht 3.

L’Académie constate un accès diminué à la greffe cardiaque[1], et une « inadéquation entre le nombre de receveurs[2] et celui des donneurs ». Pour y remédier, l’Académie a revu les indications, contre-indications et complications de cette transplantation, qui offre aux patients une médiane de survie après opération de 12 ans.

Face à un accès hétérogène à la transplantation cardiaque sur le territoire français, l’Académie propose de « mettre en place des suivis personnalisés permettant l’identification précoce des patients devant être référés aux centre d’assistance et de transplantation », avec une « gradation en trois niveaux de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque ». L’objectif est de « recentrer chaque type de service sur sa valeur ajoutée maximale », et en particulier les centres de transplantation. Par ailleurs, l’Académie recommande de remplacer les schémas interrégionaux sur lesquels se base le régime des autorisations de greffe cardiaque, par un schéma national. Elle préconise enfin de « faciliter la réinsertion sociale et professionnelle des transplantés cardiaques par l’utilisation large des centres de réadaptation fonctionnelle cardio-vasculaire et si nécessaire, un soutien psychologique ».

Concernant les donneurs, l’Académie note que les donneurs décédés étant de plus en plus âgés, la possibilité de prélever leur cœur en vue d’une greffe se fait plus rare. Elle propose comme solution d’inscrire le cœur sur la liste des organes éligibles au protocole Maastricht 3, c’est-à-dire prélevé sur des patients décédés après arrêt des traitements. Actuellement en France, reins, foies, pancréas et poumons peuvent être prélevés dans ces conditions. « La principale difficulté pour y inclure le cœur est d’ordre technique (…) : si on réoxygène le cœur, il risque de se relancer. C’est la raison pour laquelle l’aorte est obturée lors de l’oxygénation extracorporelle [actuellement en place pour les organes précités]. Il faut trouver une solution technique pour prélever le cœur sans altérer la qualité des organes de l’abdomen. » Des prélèvements cardiaques Maastricht 3 ont déjà été réalisés « avec succès » au Royaume-Uni et en Australie. La Société française de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire y travaille. Le Dr Benoît Averland, directeur adjoint du prélèvement et de la greffe d’organes tissus à l’Agence de la biomédecine, « n’est pas convaincu » par cette solution, au vu des greffes Maastricht 3 réalisées depuis 2014 en France. Toutefois l’Académie affirme qu’une « réflexion est engagée entre l’Agence de la biomédecine et les professionnels pour définir les conditions permettant d’utiliser ces greffons cardiaques [maastricht 3] ».

[1] 425 greffes cardiaques en 2019 contre 471 en 2015.

[2] 573 candidats en 2019.

Pour aller plus loin :

Sources : Le quotidien du médecin, Damien Coulomb (24/11/2020) ; Rapport sur la transplantation cardiaque chez l’adulte, Académie nationale de médecine (20/11/2020)

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