Transhumanisme : les hommes devenus des « animaux monitorés »

Publié le 13 Juin, 2022

Le transhumanisme vise à utiliser les moyens technologiques pour transformer les êtres humains « en modifiant leur constitution biologique ou en les hybridant avec la machine », explique Olivier Rey, mathématicien, philosophe au CNRS et auteur notamment de Leurre et malheur du transhumanisme. Une utopie qui ambitionne de supprimer le vieillissement, la mort, la souffrance et d’augmenter les capacités de l’homme, portée par l’idéologie du « salut de l’individu par la technologie ».

PMA ou « production d’êtres »

« L’artificialisation de la procréation et le transhumanisme sont en “synergie” » d’après le philosophe. A partir de la légalisation de la pilule contraceptive, la sexualité et la procréation ont été déconnectées et la technique s’est peu à peu imposée. L’être humain est devenu un « chantier technologique ». Bien que la PMA et la GPA ne fassent pas partie du programme transhumaniste, elles participent à la « production d’êtres », analyse-t-il.

En 2005, le CCNE affirmait que le recours à la PMA était réservé aux problèmes médicaux, mais, en 2017, le même comité a autorisé l’ouverture de l’insémination avec donneur à des personnes ne souffrant pas de stérilité. « Si la dynamique se poursuit, la GPA pas encore éthique ne va pas tarder à le devenir », annonce Olivier Rey.

Doit-on encore parler d’homme ?

Malgré le fait que l’humanité soit composée d’hommes et de femmes et que personne ne puisse le nier, l’enjeu d’une sortie de la condition humaine – telle que l’appelle de ses vœux le transhumanisme –  impose la dissolution de la frontière homme/femme. Et rejoint en cela l’idéologie transgenre.

De plus, selon les propos de Gilbert Hottois rapportés par Olivier Rey, « le transhumanisme affirme que tous les êtres doués de sensibilité, éventuellement de conscience – pré-humains, non-humains (animaux) ou post-humains – ont droit à un statut moral respectueux de leur bien-être et épanouissement. » « Les animalistes et les transhumanistes sont faits pour s’entendre  », pointe le mathématicien.

Des « animaux monitorés »

Désormais, l’homme est dépendant de Google, du smartphone et d’autres technologies. « L’option devient l’obligation », affirme Olivier Rey. L’objectif des partisans du transhumanisme est d’envisager « une intégration plus complète encore au système technologique, en s’hybridant avec lui ». Cette technique permet la création d’un homme « augmenté », qui « n’est plus capable d’imaginer autre chose que sa propre technologisation ».

Ainsi, les GAFAM ont un rôle important dans la promotion du transhumanisme. Selon Olivier Rey, les hommes deviennent des « animaux monitorés », dépendant du branchement permanent à cette machine, sans possible émancipation.

« La santé de notre esprit est dans nos mains »

La technologie se propage rapidement, semblant être l’unique remède aux maux dont elle est la cause. « La santé de notre esprit est dans nos mains », rappelait Gaston Bachelard. Pour Olivier Rey, voilà l’urgence : non pas les implants mais « retrouver quelque peu l’usage de nos mains ».

 

Source : France Catholique, Olivier Rey (03/06/22) – Photo : iStock

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