Toujours plus d’organes prélevés sur des patients après « arrêt cardiaque controlé »

Publié le : 21 janvier 2020

Contrairement aux annonces de France Transplant (cf. Don d’organes : moins de transplantations en 2019 ? ), après avoir constaté une baisse de 5% en 2018, l’activité de greffe d’organes serait de nouveau en croissance sur l’année 2019. Le nombre de greffes estimé à 5897, tous organes confondus, aurait augmenté de 1,6%, représentant « 92 greffes de plus qu’en 2018 » explique l’Agence de la Biomédecine (ABM) dans un communiqué.

 

La hausse cache cependant des disparités. Les greffes provenant de donneurs en état de mort encéphalique sont en baisse : 1729 donneurs en 2019 contre 1743 en 2018. En cause selon l’Agence, les progrès de la médecine, « notamment dans le domaine des AVC »[1]. Celles provenant de donneurs vivants marquent aussi le pas pour la deuxième année consécutive, -6%, avec 525 greffes en 2019 pour 561 en 2018. La croissance du nombre de greffes est donc essentiellement liée au nombre plus important d’organes prélevés sur des donneurs décédés d’un arrêt cardiaque suite à un arrêt des traitements, une procédure appelée « Maastricht III » : +63% ! En 2018, 281 organes avaient été prélevés sur ces patients contre 459 en 2019.  « A ce jour, explique l’ABM, 35 hôpitaux sont autorisés à réaliser des prélèvements de type Maastricht III en France (il y en avait 26 fin 2018) ». Or ce type de prélèvement n’est pas sans poser de réelles questions éthiques : la synchronisation entre la mort du patient et le prélèvement d’organes n’étant pas sans poser questions sur l’opportunisme d’une telle pratique (cf. Le prélèvement d’organes après arrêt cardiaque: une problématique éthique, Le protocole Maastricht III en France: retour vers une « technicisation de la mort » et Prélèvements d’organes en France : Développement du protocole Maastricht III ).

 

Bien que la France soit passée en 2016 sur un régime de consentement présumé, le professionnels continuent de solliciter l’accord des proches au prélèvement et l’ABM note un taux d’opposition stable dans la population : 30,5% en 2017, 30% en 2018 et 30,5% en 2019.

 

Pour maintenir ses objectifs, l’Agence a fait de l’activité de greffe « une priorité » soutenue financièrement : + 2 millions alloués par le ministère de la santé aux établissements de santé, mais aussi mise en place d’un « budget supplémentaire » pour donner « plus d’impact à la campagne de communication sur le don du vivant » et le renforcement des « formations concernant l’accueil des familles en deuil ».

 

 

Pour aller plus loin :



[1] Dépêche AFP (21/01/2020) – Les greffes d »organes repartent à la hausse en 2019 en France

 

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