Tests génétiques vendus sur internet : l’Agence de la biomédecine met en garde

Publié le : 16 avril 2013

 Interviewée par le quotidien La Croix, la directrice de l’Agence de la biomédecine (ABM), Emmanuelle Prada-Bordenave, met en garde contre les tests génétiques accessibles sur des sites Internet basés à l’étranger. Pour la directrice de l’ABM, ces derniers « peuvent délivrer des informations ‘sans pertinence ou potentiellement anxiogènes’ « . 

Confirmant le récent avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) à propos des autotests du VIH/sida (*), E. Prada-Bordenave estime qu’un débat sur les tests génétiques, leur finalité, et leur accessibilité sur internet est necessaire. En effet, aujourd’hui, « des tests prédictifs visant à donner une information sur le surrisque de développer un jour telle ou telle maladie » peuvent être achetés sur internet. Et les fabricants de ces derniers savent que les tests les plus rentables financièrement sont ceux visant « des maladies fréquentes dans les populations vivant dans les pays défavorisés » (diabète, hypertension artérielle ou encore maladie d »Alzheimer).

 

Or, « le facteur génétique n’est qu’un élément parmi d’autre » et ces pathologies sont également « liées à divers facteurs environnementaux » comme le mode de vie ou l’alimentation précise Emmanuel Prada Bordenave. Certaines pathologies vont par exemple s’exprimer de manière différente au sein d’une même famille : «  un enfant pourra développer une forme grave, tandis qu’un autre, porteur du même gène, ne fera qu’une manifestation bénigne« .

La directrice de l’ABM insiste sur le fait que « dans le domaine de la génétique médicale, l’information est complexe à décrypter et il n’est pas raisonnable de gérer seul ce type d’information« . Il est donc important que « le conseil génétique [reste] dans une démarche de soins et d’accompagnement« .

 

Enfin, elle précise que l’achat de ces tests via Internet est interdit pour les résidants français, sous peine de 15 000 euros d’amende et un an de prison.

* le CCNE « estime qu’il faut élargir le débat à d’autres tests pouvant être réalisés sans accompagnement médical. 
 

<p>La Croix (Pierre Bienvault) 16/04/2013</p>

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