Téléconsultation : « l’enjeu est qu’elle n’entraîne pas de perte de chance pour le patient »

Publié le 5 Avr, 2022

« Pas d’examen physique du patient ni d’analyse de la communication non verbale, risque de nomadisme médical, craintes autour de la confidentialité » : face aux risques, le Collège de la médecine générale (CMG) détaille ses préconisations en matière de téléconsultations.

38 téléconsultations par mois

Selon la plateforme Doctolib, chaque généraliste fait en moyenne « 38 téléconsultations par mois », « d’une durée de 16 minutes ». Certains praticiens ont réclamé à l’Ordre des médecins « de pouvoir exercer exclusivement en téléconsultation ». La réponse a été sans appel : « une telle pratique entraînerait poursuites disciplinaires et dépôts de plainte ». Les téléconsultations devront respecter un seuil de 20% de l’activité.

Car « l’enjeu est que “la téléconsultation n’entraîne pas de perte de chance pour le patient” ». En effet, la distance limite la capacité d’analyse du médecin. « Parfois, on peut poser un diagnostic juste en regardant le patient, sa façon de marcher, en sentant qu’il ne nous dit pas tout… », explique le Pr Serge Gilbert, vice-président du CMG. Une intuition bridée par la téléconsultation.

L’importance du « présentiel »

Le CMG pointe la nécessité de « recommander au patient de faire des réévaluations régulières en présentiel ». Car « le risque serait d’avoir des patients qui abandonnent carrément l’idée d’aller chez le médecin et qui n’auraient aucune perception de l’importance de l’examen clinique », estime le Pr Gilbert (cf. Faire intervenir ses cinq sens dans la relation de soin, un incontournable pour le médecin). « Nous tenons tout particulièrement à la connaissance physique préalable du patient », abonde le Pr Stéphane Oustric, délégué général au numérique au Conseil de l’ordre des médecins.

Le Cnom rappelle par ailleurs que « la réalisation de téléconsultations par le biais de plateformes commerciales “ne les exonère en aucun cas de leurs obligations déontologiques” » (cf. Données de santé : Doctolib à la conquête d’un nouveau marché).

 

Source : Le Quotidien du médecin, Léa Galanopoulo (01/04/2022) – Photo : iStock

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