Suisse : supprimer le financement public de l’avortement ?

Publié le : 7 juillet 2011

 En Suisse, une initiative populaire fédérale (un référendum) intitulée "Financer l’avortement est une affaire privée" a été lancée. Alors qu’une telle entreprise nécessite le recueil de 100 000 signatures, ses initiateurs, très largement issus de l’Union démocratique du centre (UDC) et du parti évangélique, ont déposé le 4 juillet 2011 à la Chancellerie fédérale à Berne 111 000 signatures. Ils estiment que l’avortement est une affaire privée qui n’a pas à émarger l’assurance obligatoire des soins. Si l’initiative passait en 2012, le financement de l’avortement reposerait donc, comme les frais dentaires, sur la souscription à une assurance complémentaire dont le surcoût est estimé à moins de 3 francs suisses par mois.

Selon la coprésidente du Parti évangélique genevois, Valérie Kasteler-Budde, un tel fonctionnement obligerait "à une réflexion à tête reposée, avant d’être confronté à une décision malheureusement souvent prise dans l’urgence. Cette initiative vise donc à responsabiliser les couples face à la question de l’avortement, et à réduire les comportements sexuels à risque". Elle s’appuie sur une vaste étude menée aux Etats-Unis qui montrait que le financement public pouvait être perçu comme une "assurance tous risques", favorisant les "activités sexuelles irresponsables". "Lorsque le financement public de l’avortement n’est plus assuré et que le coût des avortements est connu, les comportements sexuels se modifient en conséquence", affirme-t-elle. Entre 1981 et 1988, 38 Etats américains sur 50 ont ainsi supprimé le financement public des avortements, ce qui aurait réduit de 8.1% le nombre de grossesses non désirées.

 Les "Jeunes verts" genevois se sont radicalement opposés à cette initiative, estimant que "la distinction entre sphère publique et privée laisse les femmes seules face à la responsabilité de la conception ou non des enfants, alors que ce sujet concerne de manière intrinsèque toute la société, homme compris : l’avortement doit rester une affaire collective." Pour faire baisser le nombre d’avortements, ils proposent plutôt que les contraceptifs soient désormais également pris en charge par l’assurance maladie.

 Le Point.fr (Jean Lalande) 05/07/11 - 24heures.ch 06/07/11 - jeunesvert-e-sgeneve.blog.tdg.ch 06/07/11

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