Suède : premiers essais de deux greffes d’utérus de mère à fille

Publié le : 19 septembre 2012

Une équipe de spécialistes de l’université et de l’hôpital de Göteborg, dirigée par le Pr Mats Brännström, a réalisé, les 15 et 16 septembre 2012, "les premières greffes d’utérus de mère à fille chez deux femmes âgées d’une trentaine d’années en vue de leur permettre d’avoir des enfants. La parenté entre la receveuse et la donneuse devrait permettre de limiter le risque de rejet du greffon".

Selon le Pr Mats Brännström, "plus de dix chirurgiens ont participé aux opérations qui se sont déroulées sans complication". "L’une de ces patientes, victime des années auparavant d’un cancer de l’utérus, avait subi son ablation. L’autre était née sans utérus. Toutes deux désireuses d’avoir des enfants, étaient volontaires, ainsi que leur mère, pour cette intervention qui devrait leur permettre d’avoir recours à la fécondation in vitro. Il leur faudra toutefois attendre un an minimum avant d’entamer une procédure de FIV" qui a, selon le professeur, en partie a été commencée puisque "des embryons [ont été] conçus à partir de leurs œufs et du sperme de leur partenaire [et sont] aujourd’hui congelés". Enfin, selon l’AFP, le professeur "a souligné que l’objectif de cette greffe était de venir en aide aux jeunes femmes nées sans utérus ou avec un utérus qui ne fonctionne pas, et non aux femmes qui ne sont plus en âge de procréer".

Ces deux opérations sont des premières car "c’est la première fois qu’il s’agit de don d’utérus de la mère à la fille, ce qui pourrait faciliter l’acceptation de la greffe. Ensuite, c’est la première fois que les donneuses sont vivantes".

En France, suite à la réalisation de ces deux greffes, certains médecins ont souhaité réagir. Ainsi, d’un point de vue éthique, "le docteur Piver se prononce contre le prélèvement sur des femmes vivantes, même consentantes, car ‘il s’agit d’une intervention mutilante, où la donneuse va prendre des risques opératoires, de complications nerveuses, vasculaires, urinaires’". Enfin, même si l’équipe du Pr Göteberg, "qui protège l’identité de ses patients, travaille dans un cadre règlementaire rigoureux, [le Dr Piver] pointe ‘le risque majeur de trafic d’organes’ possible dans d’autres pays du monde".

Le Quotidien du médecin (Dr Irène Drogou) 18/09/12 – La Croix (Nathalie Lacube) 19/09/12 – AFP 18/09/12 - sante.lefigaro.fr (Martine Perez) 18/09/12

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