Strasbourg : mobilisation d’associations européennes contre l’eugénisme

Publié le : 29 juin 2012

« La justice européenne ne doit pas reconnaître un droit au dépistage prénatal de la trisomie, car cela laisserait libre cours à l’eugénisme, ont mis en garde une trentaine d’associations de défense des handicapés, issues de 16 pays« .    

Ces associations « se sont pour la première fois regroupées en un collectif ‘Stop Eugenics Now’ « , dans le cadre de l’affaire Krüzmane contre Lettonie, actuellement  devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) (Cf Synthèses de presse Gènéthique du 5/04/12, 23/04/12, 9/05/12, 18/05/12).
Les associations qui se sont réunies ce jeudi 28 juin 2012 au Conseil de l’Europe, autour d’une table ronde sur le thème « Eugénisme et droits de l’homme, les enjeux  du dépistage prénatal« , s’opposent à ce que soit « reconn[u] comme droit de l’homme celui de supprimer la vie des enfants trisomiques avant leur naissance [car cela conduirait] à stigmatiser un groupe humain sélectionné sur la base de son génome, à nier purement et simplement l’humanité des personnes souffrant de cette pathologie, et à instaurer le mécanisme de leur élimination« .

Patrick Clarke, « directeur de Down Syndrome Ireland » et représentant de « Down Syndrome International », lui-même père d’un fils trisomique adulte, a tenu à mentionner qu’ » éliminer une maladie, c’est une chose, mais éliminer des malades, c’est tout autre chose« .
Le site internet Terra Eco précise qu’ « en Europe, en moyenne, 70% des cas de trisomie 21 sont détectés et le taux d’avortement qui s’ensuit varie de 70% à 90%, selon les pays« . Ainsi, « en France, 92% des femmes sont dépistées et 96% des cas identifiés donnent lieu à une interruption de grossesse. C’est le record. « 
Dans une interview,  Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, explique que  » ‘la liberté de choix des parents’ de garder ou non leur enfant trisomique est ‘menacée par une politique eugénique’ qui tend à proposer un dépistage quasi-systématique aux familles [et] se conclut par un avortement dans la quasi-totalité des cas où le fœtus est diagnostiqué trisomique « .
D’ailleurs, le site internet Terra Eco termine son article en rappelant l’ampleur de l’enjeu : « en France, une femme dont l’enfant à naître est porteur de la trisomie 21 peut interrompre sa grossesse jusqu’à son terme. Mais si un couple choisit de garder son enfant, il se heurte à la pression du corps médical et de la société, prompts à leur reprocher de donner naissance à un enfant au handicap ‘évitable’, puisque la mère aurait pu avorter. Un vrai cas de conscience… « .

Lors de la clôture de la table ronde, « M.Luca Volontè, un député italien président du groupe politique majoritaire (PPE) [a présenté] un projet de Résolution à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe intitulé ‘Combattre l’eugénisme et les discriminations contre les personnes handicapées’ « . L’objectif de cette résolution est de rappeler « les obligations des Etats envers les personnes handicapées face au drame de leur élimination et discrimination systématiques« .
 

<p>Terraeco.net (Alexandra Bogaert) 28/06/12 – AFP 28/06/12  – Liberté politique 26/06/12 – coe.int – medicalxpress.com 28/06/12</p>

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