Singapour : les données de traçage anti-COVID partagées avec la police

Publié le : 6 janvier 2021

Singapour s’était dotée mi-mars d’une application de traçage des cas contacts face à l’épidémie de Covid-19, « TraceTogether ». Montrée en exemple à l’international, elle « promettait de ne pas utiliser les données collectées », nominatives, et 80%[1] de la population l’a téléchargée (cf. Traçage à Singapour : du volontariat à la surveillance de masse). Mais lundi, le ministre de l’intérieur, Desmond Tan, a déclaré[2] « que les données étaient accessibles à la police dans le cadre de ses enquêtes criminelles », ou « pour la sécurité des citoyens ». Une annonce qui a provoqué un sentiment de « tromperie » chez les utilisateurs, dont certains se sont empressés de supprimer l’application de leur smartphone[3]. Toutefois, « il n’est pas certain que cette polémique fasse baisser l’utilisation de TraceTogether », car son usage[4] est obligatoire pour se rendre dans un certain nombre de lieux (administrations, centres commerciaux, lieux de culte…). Les alertes des organisations de défense des droits humains sur les dérives liées à ces systèmes d’information sont ainsi démontrées dans les faits à Singapour (cf. Epidémie de COVID-19 : l’expérience du « biopouvoir » ?, Surveillance de l’épidémie ? Une atteinte au secret médical et à la vie privée ; StopCovid : faire « passer le pistage des êtres humains avant le dépistage de la maladie » ?).

En France, le Conseil d’Etat a pour sa part rejeté le 4 janvier les requêtes de syndicats sur l’élargissement des fichiers de renseignement. Certaines données de santé, entre autres, sont concernées. Le juge des référés « estime que les décrets ne portent pas une « atteinte disproportionnée » au droit au respect de la vie privée et aux libertés d’opinion, de conscience et de religion et qu’il n’existe pas de « doute sérieux » sur leur légalité ».

[1] « En France, l’application TousAntiCovid a été téléchargée par moins de 20 % de la population selon les données disponibles actuellement » (cf. Tousanticovid : l’application téléchargée 1 million de fois en deux jours).

[2] En réponse à la question d’un député sur l’utilisation du système de traçage par la police.

[3] « En théorie, les données sont stockées de manière chiffrée et détruites après vingt-cinq jours ».

[4] « Cela peut être soit l’application TraceTogether pour smartphone, soit des petits jetons physiques munis d’une puce Bluetooth – plus de 1,75 million de ces jetons ont été distribués à la population. Les deux systèmes, qui permettent d’identifier leurs utilisateurs, détectent les autres téléphones ou jetons se trouvant à moins de deux mètres durant trente minutes ».

Sources : Le Temps, Anouch Seydtaghia (5/01/2021) ; Le Point (5/01/2021) ; AFP (5/01/2021) ; La Croix, Hippolyte Radisson (5/01/2021) – Photo: iStock

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