Sédation ou euthanasie déguisée ? Une affaire belge relance la question

Publié le 2 Oct, 2019

En Belgique, un médecin « est accusé d’avoir tué 4 de ses patients en septembre 2018 », décédés des suites d’une sédation palliative le même week-end. Une situation qui a nécessité l’accompagnement psychologique de l’équipe médicale, et s’est soldée par le licenciement du médecin et une action en justice à son encontre. L’affaire est en cours à ce jour.

 

La question est ici de savoir si ces sédations sont « des euthanasies déguisées, voire des assassinats si les patients n’avaient pas exprimé leur volonté de mourir ». Une interprétation niée par le médecin, qui estime être « resté dans le cadre des soins palliatifs » souhaitant « rendre plus confortables les derniers moments de vie ». Toutefois, « l’intention de ne pas provoquer la mort ne suffit pas pour qualifier l’acte : il faut encore évaluer son processus et son résultat », rappelle l’Institut Européen de Bioéthique (IEB). « Lorsqu’un médecin envisage une sédation palliative, son intention doit être de soulager les souffrances réfractaires à tout autre traitement en diminuant la conscience du patient ». Le processus est également différent entre sédation et euthanasie : « pour une sédation, le médecin diminue le niveau de conscience d’un patient en fin de vie en utilisant une dose minimale efficace de sédatifs, c’est-à-dire proportionnée aux symptômes réfractaires, et régulièrement ajustée avec surveillance continue. Pour l’euthanasie au contraire, il opère un surdosage volontaire (généralement du curarisants ou barbituriques) pour garantir une mort rapide. Un surdosage de sédatifs ou de morphine peut aussi provoquer la mort. Le résultat, enfin, n’est pas le même : l’euthanasie entraîne la mort, tandis que la sédation, si elle est correctement appliquée (sans surdosage, et en toute fin de vie), ne hâte pas le moment de la mort mais laisse le patient mourir naturellement de sa maladie ».

 

Cette affaire montre la nécessité d’une « meilleure formation des médecins aux soins palliatifs », estime l’IEB, qui « permettra de s’assurer de la bonne pratique de la sédation palliative ».

 

Pour aller plus loin : Fin de vie, sédation et soins palliatifs

Institut Européen de Bioéthique, Sédation et euthanasie : y a-t-il vraiment une différence ? (30/09/2019)

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