Royaume-Uni : une consultation sur le gene-editing et l’agriculture

Publié le : 8 janvier 2021

Au Royaume-Uni, le gouvernement a lancé une consultation jusqu’au 17 mars sur l’utilisation de l’édition génétique pour l’agriculture. Pour le secrétaire à l’environnement, il s’agit de développer des « cultures plus résistantes aux maladies et aux conditions météorologiques extrêmes », ainsi que « des aliments plus sains ». L’idée est donc de retirer ces organismes « édités » de la règlementation des OGM, comme le fait l’Union européenne. Mais elle ne fait pas l’unanimité.

L’édition génique implique d’apporter des modifications précises à l’ADN d’une espèce particulière et de nombreux scientifiques la considèrent comme distincte de la modification génétique, où l’ADN d’un type d’organisme est introduit dans un autre (OGM). Dans l’UE, les deux technologies sont actuellement soumises à la même réglementation. Pour le secrétaire à l’environnement, cet encadrement est « restrictif et politisé ». Selon lui, l’édition génétique « imite le processus de sélection naturelle, accélérant ce que les agriculteurs ont fait pendant des siècles en sélectionnant les animaux ou les plantes les plus forts et les plus sains pour se reproduire ».

« Tout changement d’approche en matière de génie génétique devrait être effectué avec une grande prudence », plaident certains scientifiques. Pour le docteur Adrian Ely, une telle évolution « nous obligerait à nous ouvrir sans discernement aux importations alimentaires ’gene-edited’ du monde entier ». Or « les affirmations sur les avantages de l’édition de gènes pour la nature et l’environnement sont sujettes à de nombreuses hypothèses et incertitudes. Nous devons prendre le temps de les examiner attentivement, plutôt que de les accepter sans interrogation ». « Retirer certaines nouvelles technologies de la réglementation signifierait qu’elles ne sont pas tracées, étiquetées ou évaluées si elles sont sûres », abonde le Docteur Helen Wallace, directrice de GeneWatch UK. De leur côté les associations de défense des animaux se disent « préoccupées » : « Les affirmations selon lesquelles l’édition de gènes est la même chose que la sélection naturelle ou la greffe de plantes sont malhonnêtes et potentiellement trompeuses ».

NDLR (18/01/2021): Dans le même esprit en France, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a déclaré le 7 janvier que les variétés issues des nouvelles techniques de sélection végétale n’étaient pas des OGM. « Ce sont des technologies qui permettent d’accélérer la sélection végétale. Cette technologie permet de faire apparaître plus tôt une variété qui aurait pu apparaître naturellement à un moment donné […] Il faut que les NBT aient une réglementation conforme à ce qu’elles sont » a-t-il plaidé dans une interview au groupe de presse Réussir. (Source: Reporterre, Magali Reinert 15/01/2021)

Source : BBC, Claire Marshall (7/01/2021)

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