Révolution biotechnologique et idéologie transhumaniste

Publié le : 5 juin 2013
Dans une tribune publiée dans le supplément Science & Médecine du quotidien Le Monde, Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNAVision s’interroge sur l’évolution rapide des biotechnologies: « La première personne qui vivra mille ans est-elle déjà née?« . Après avoir évoqué l’idéologie transhumaniste qui vise à « euthanasier la mort« , il soutient que « la révolution biotechnologique pourrait permettre l’impensable en accélérant le grignotage de la mort« . En effet, depuis 1750, l’espérance de vie a plus que triplée, passant de 25 ans à plus de 80 ans aujourd’hui. 
 
Et de préciser: si l’on souhaite dépasser le « mur biologique naturel » de l’âge, cela  « suppose de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques lourdes en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives)« . Mais si fusion entre la biologie et les nanotechnologies il y a, la conséquence serait alors la « transform[ation] [du] médecin en ingénieur du vivant« , ce qui lui « donnera peu à peu un pouvoir fantastique sur notre nature, dont le bricolage semble sans limite« .
 
Selon Laurent Alexandre, « d’ici à 2025, l’ingénierie du vivant – thérapies géniques, cellules souches, organes artificiels – va à coup sûr, bouleverser le système de santé« . Alors que « la demande de vivre plus longtemps est insatiable« , le président de DNAVision tient à alerter sur le fait que « le prix à payer pour allonger beaucoup notre espérance de vie serait lourd« . En effet, cela impliquerait « une modification radicale de notre fonctionnement biologique et de notre génome » et « le plus gros obstacle deviendrait notre cerveau. A quoi bon [interpelle-t-il] vivre plusieurs siècles avec un cerveau sclérosé?« . Car « maintenir notre cerveau durablement plastique suppose une ingénierie lourde« , et qui, à long terme, est « la porte ouverte à un contrôle biologique de notre cerveau sous l’égide du système de santé« . 
 
Par conséquent, si « vivre très longtemps peut devenir une réalité« , il ne faut pas perdre de vue que ce sera « au prix d’une redéfinition complète de l’humanité« . Est-on prêt à cela? 
 
<p> Le Monde - Supplément Science & Médecine ( Laurent Alexandre) 05/06/2013</p>

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