Réforme de la loi sur l’avortement au Maroc : un mois de mobilisation, quelles propositions ?

Publié le : 23 avril 2015

Le 16 mars, le roi Mohammed VI confiait au ministre de la Justice, à celui des Habous et des Affaires islamiques ainsi qu’au président du Conseil national des droits de l’homme le soin de travailler, avec plusieurs commissions, sur un projet de réforme de la loi sur l’avortement (cf. Synthèse Gènéthique du 18 avril 2015).

 

Un débat s’est tenu au Barreau de Rabat le jeudi 16 avril en présence du premier président de la Cour d’appel, du procureur général et du président du cercle des avocats.

 

« Le CNDH a aussi fait un travail exceptionnel car il a auditionné absolument tout le monde, concerné de près ou de loin par la question de l’avortement au Maroc : acteurs de la société civile, pro et contre, hommes politiques, personnalités juridiques », déclare le professeur Chraïbi, principal opposant à l’avortement clandestin.

 

Les partis politiques participent activement au débat. Le PPS[1] a présenté lundi un memorandum exprimant ses propositions sur l’avortement. Il propose d’autoriser l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à 40 jours, « sur la base de la volonté de la femme concernée et d’un rapport médical ». D’autres partis comme L’USFP[2], le RNI[3] et le PAM[4] ont aussi pris position en faveur d’une réforme de la loi sur l’avortement.

 

La période d’autorisation de l’IVG est au cœur des débats et la cause principale des divergences, « certains estimant qu’à partir de 6 semaines, la vie anime le fœtus » tandis que des « associations pro-avortement prônent au contraire le choix du corps avant tout ». Ces dernières voudraient autoriser l’avortement sur la base de la volonté de la femme et ce, même si la vie de celle-ci n’est pas en danger. Cependant, « la majorité des Marocains ne sont pas prêts à entendre cela », rappelle le docteur Chraïbi.

 

Chaque commission doit maintenant envoyer son rapport au roi et à ses conseillers avant que le projet soit envoyé au Parlement, pour être discuté en commission puis voté en plénière.

 

 

[1] Parti du progrès et du socialisme

[2] Union socialiste des forces populaires

[3] Rassemblement national des indépendants

[4] Parti authenticité et modernité

<p>HuffPost Maroc (21/04/2015)</p>

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