Recherche sur l’embryon: réactions après l’échec de la proposition de loi

Publié le : 2 avril 2013

 Jeudi dernier, 28 mars, la proposition de loi déposée par les radicaux de gauche qui visait à autoriser la recherches sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines a été mise en échec par des députés opposés au texte (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 29 mars 2013). Lors des débats, la ministre de la Recherche, Geneviève Fiorasco a précisé: « en revenant sur l’interdiction de principe de la loi de 2011, nous adressons un signe de confiance à la communauté scientifique, en termes de liberté académique. Mais nous envoyons aussi un signe d’espoir aux patients, à leurs familles et à la société toute entière, qui sont en droit de bénéficier des progrès d’une science en marche« . 

 

Mais pour d’autres personnalités, cette justification n’est pas exacte. Ainsi, Alliance Vita a « salué vendredi ‘le maintien du principe d’interdiction‘ « . Son président, le Dr Xavier Mirabel a précisé: « en autorisant explicitement la recherche sur l’embryon, la proposition de loi bouleverse un principe bioéthique majeur qui confère à l’embryon humain une protection symbolique« . 
Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, « qui s’est beaucoup mobilisé contre ce texte« , « ce retournement de situation« , à savoir l’échec de l’adoption de la proposition de loi, « est le fruit d’une double rupture, morale et politique d’un côté, intellectuelle de l’autre« . Dans une tribune publiée dans Le Figaro, il précise ainsi que les lois de bioéthique de 1994, 2004 et 2011 se sont accumulées en France, sans se préoccuper des conséquences éthiques auxquelles pouvaient mener les nombreuses techniques nouvelles qu’elles autorisaient. « Résultat, [souligne-t-il], la technique frappe sans cesse à la porte du législateur pour repousser les limites de l’interdit. Ainsi, l’actuelle majorité était-elle prête à faire disparaître le principe du respect de l’embryon humain au profit d’un utilitarisme pur et simple dûment réclamé par l’industrie pharmaceutique« . La majorité allait ainsi « changer la règle pour être en règle » déplore-t-il. Jean-Marie Le Méné interpelle donc: « était-il juste de faire primer, la technique sur l’humain? non! La justice doit rendre à chacun ce qui lui revient. Et ce qui revient à l’embryon, c’est le respect de sa dignité d’être humain. Pas une dégradation de son statut au niveau de celui des souris de laboratoire« . Il conclut: « en défendant la plus fondamentale des valeurs de la société, les députés de l’opposition sont passés d’un bio-droit de convenance à une bio-éthique d’exigence« . 
 

<p> La Croix (Céline Rouden) 29/03/2013 - Le Figaro (Jean-Marie Le Méné) 02/04/2013 - Le generaliste.fr 29/03/2013</p>

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