Recherche sur l’embryon : premières autorisations en France

Publié le : 1 juillet 2006

Vivisection de l’embryon

 

L’Agence de biomédecine a annoncé le 20 juin 2006 avoir délivré les premières autorisations de recherche sur l’embryon à six équipes françaises travaillant dans des structures publiques. Parmi les équipes retenues, cinq sont de l’INSERM et de l’Institut Pasteur et travailleront sur des lignées de cellules souches embryonnaires importées. Pour la première fois en France, la sixième équipe tentera  de créer des lignées de cellules souches à partir d’embryons humains conçus sur le territoire national. Cette équipe est codirigée par Marc Peschanski (Istem, Evry) et Stéphane Viville (CHU de Strasbourg). Marc Peschanski, financé par l’argent du Téléthon (voir Gènéthique n°71), a milité activement pour obtenir l’autorisation de la recherche sur l’embryon et réclame aujourd’hui le clonage.

 

Au-delà de la loi bioéthique

 

La loi du 6 août 2004 ne prévoit une autorisation des recherches sur l’embryon qu’à titre dérogatoire et pour une période limitée à cinq ans, uniquement « lorsqu’elles sont susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d’efficacité comparable, en

 

l’état des connaissances scientifiques » (art. L.2151-5). Déjà, le décret du 6 février 2006 passait sous silence l’interdiction législative de la recherche sur l’embryon autorisée « par dérogation » et gommait les conditions posées par la loi à cette recherche (voir Gènéthique n°74). Aujourd’hui, l’étude des dossiers des six équipes montre qu’aucune d’entre elles n’entreprend ces recherches à des fins thérapeutiques mais toutes à des fins de recherche fondamentale et de pharmacologie.

 

Intérêt  non  thérapeutique

 

L’exploitation des cellules de l’embryon humain n’est en rien une nécessité scientifique dans la mesure où les cellules souches adultes et ombilicales présentent des caractéristiques prometteuses ; et le prélèvement chez l’adulte ne pose aucun problème éthique puisqu’il ne porte pas atteinte à sa vie. En conséquence, l’exploitation des cellules souches embryonnaires n’est motivée que par l’intérêt économique. Les mêmes recherches pourraient être menées sur des embryons d’animaux mais elles sont plus coûteuses puisqu’il faut entretenir l’élevage alors que les embryons humains dépourvus de  » projet parental » sont gratuits.

 

Encadrement éthique ?

 

On peut s’inquiéter de la politique prétorienne de l’Agence de biomédecine qui sacrifie les intérêts des êtres humains aux intérêts économiques et se contente d’un pseudo encadrement éthique qui porte sur des points secondaires. « De quelle éthique parle-t-on quand pour toute éthique, on propose de porter des chaussons et des masques homologués pour sacrifier proprement l’être humain ? » s’est indigné J-M Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune.

 

Protestation

 

Dans une Déclaration du 29 juin 2006, le président de la Conférence des évêques de France, dénonce cette transgression : « …ainsi se poursuit la mise en place du processus de réduction de l’embryon humain à l’état de moyen, ce qui constitue une grave transgression éthique. Nous devons redire que l’embryon humain ne peut être considéré comme un simple matériau de laboratoire (…) Tout embryon est déjà un être humain. Il n’est donc pas un objet disponible pour l’homme. Il n’est pas possible de décider d’un seuil au-delà duquel l’embryon serait humain et en deçà duquel il ne le serait pas. Nul n’a le pouvoir de fixer les seuils d’humanité d’une existence singulière… »

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