Réactions après l’acquittement de Lydie Debaine

Publié le 14 Avr, 2008

Le Quotidien du Médecin revient sur l’acquittement de Lydie Debaine, cette femme  qui a tué sa fille déficiente mentale de 26 ans dont l’état de santé se dégradait (cf. Synthèse de presse du 10/04/08). Jusque là, face à des cas similaires, la justice prononçait des peines de condamnation avec sursis.

Pour le pédopsychiatre Marcel Rufo "il ne fallait pas l’acquitter". "Elle ne peut pas guérir d’un tel geste qu’elle qualifie d’amour. C’est impossible ! Les parents ne sont pas faits pour donner la mort. Symboliquement une condamnation s’imposait."

Lydie Debaine avoue : "l’acquittement va me libérer, même si ça n’efface pas tout. Je ne regrette pas, mais ma fille me manque". L’avocat général avait requis, lui, une "peine de principe" de 3 ans avec sursis. "Elle a tué sa fille avec préméditation", souligne t-il.

Du côté de L‘Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), on dénonce "l’absence de soutien apporté par la société à une mère qui serait restée sans aide, isolée et dans le dénuement".

Le Dr Olivier Jardé, l’un des 4 médecins chargé d’évaluer la loi Leonetti, explique : "sans approuver le jury populaire de Pontoise, qui est souverain, je le comprends". "Pour autant, il ne fait ni légaliser l’euthanasie, ni étouffer les handicaps", ajoute t-il.

Par son délégué général à la communication, le Dr Desueur, le Conseil national de l’Ordre des Médecins demande que l’on prenne en compte "l’évolution sociétale" dont témoigne le verdict d’assises.

Enfin, Jean Leonetti parle "d’un drame bouleversant, évocateur d’épuisement, de souffrance, de portes qui se ferment, d’aide insuffisante. […] Il est impossible d’approuver l’acte, ni même l’idée. Sur le plan juridique et judiciaire, nous pouvons difficilement imaginer de bâtir une loi permettant d’éliminer les personnes handicapées sans que celle-ci appelle la mort. En revanche, nous travaillons sur un allègement de la procédure judiciaire pour la mort par compassion, afin d’éviter le passage aux assises", explique-t-il.

Le Quotidien du Médecin (Philippe Roy) 14/04/08

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