Réactions à la suite de l’avis sur la fin de vie

Publié le : 17 décembre 2013

 

 Dans une interview accordée au quotidien La Croix, le père Brice de Malherbe* réagit à l’avis sur la fin de vie élaboré par un panel de 18 citoyens tirés au sort (Cf Synthèse de presse Gènéthique du lundi 16 décembre 2013). 

 

En premier lieu, le père B. de Malherbe retient trois aspects positifs évoqués par les auteurs: la nécessité « de mener une réflexion sur la mort, la souffrance et la douleur, au-delà de certains faits divers médiatisés« , « l’indispensable articulation entre les dimensions palliatives et curatives de la prise en charge des patients » ainsi que « la formation des soignants et l’information des générations concernant la mort« . 

 

Dans un deuxième temps, le codirecteur du département « éthique biomédicale » du Collège des Bernardins souligne deux graves incohérences : comment affirmer à la fois la nécessité de former les médecins aux soins palliatifs « et exiger d’eux des gestes provoquant délibérément la mort du patient?« . De même, n’y a-t-il pas une incohérence à dire que « nul ne peut disposer de la vie d’autrui sans son consentement » et dans le même temps « proposer une exception d’euthanasie lorsqu’il est impossible de recueillir le consentement direct du patient?« . Car finalement, « euthanasier sans consentement revient à commettre un meurtre« . Alors même que l’avis souligne l’importance de développer massivement un accès aux soins palliatifs, le père B. de Malherbe conclut en précisant que cette impulsion positive pourrait être mise à mal par une « législation autorisant un acte permettant délibérément la mort, qu’il soit sur demande ou non ». Une telle législation « représenterait un couperet mettant fin aux efforts des soignants pour améliorer le soin des patients en fin de vie« .

De son côté, le député UMP Jean-Léonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie précise que si le législateur devait suivre l’avis et autorisait le suicide médicalement assisté « on assisterait  à l’ouverture d’un droit à la mort, en rupture totale  avec la solidarité que notre société  a le devoir d’avoir vis-à-vis des plus faibles« . 

* Prêtre du diocèse de Paris et spécialiste des questions bioéthiques, le codirecteur du département « éthique biomédicale » du Collège des Bernardins à Paris 

<p> La Croix (Loup Besmond de Senneville) 16/12/2013</p>

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