Réaction au rapport du Conseil d’Etat sur la bioéthique

Publié le 7 Mai, 2009

La presse revient largement sur le rapport du Conseil d’Etat (CE) relatif à la révision des lois de bioéthique (Cf. Synthèse de presse du 06/05/09).

Dans son édito, Le Monde se félicite de la "sagesse éthique" dont a fait preuve le CE qui a voulu conjurer "le risque de surenchère vers le moins disant éthique" tout en se montrant pragmatique pour ne pas "brider les évolutions et les attentes de la recherche médicale".

Philippe Bas, ancien ministre de la famille et de la santé qui a présidé le groupe d’experts, rappelle que "les questionnements éthiques doivent être tranchés par l’affirmation de convictions démocratiquement partagées". Et de rappeler qu’il y a des principes intangibles, comme celui du respect de la vie et de la dignité humaine qui ne peuvent évoluer au gré des progrès de la science.

Le Monde rappelle que le CE a orienté son rapport pour qu’"aucun embryon humain ne soit conçu à d’autres fins que la procréation" et pour que soit servi en premier "l’intérêt de l’enfant". Pour le quotidien, le CE a rendu un avis sage.

Pour La Croix, il est entendu que le CE a voulu, sur certains points, concilier le respect de grands principes avec une certaine évolution de la législation. La fermeté sur le principe et  le pragmatisme sur les situations concrètes ont orienté ses choix.

Pour Mgr d’Ornellas, responsable du groupe de travail sur la bioéthique de la Conférence des évêques de France, le plus important est "le respect de l’enfant que je vois apparaître". Il reconnaît que les juristes du CE ont été "sensibles aux principes éthiques". Pour autant, l’autorisation de la recherche sur l’embryon reste un point de désaccord. Pour Xavier Lacroix, membre du Comité consultatif national d’éthique, "une autorisation, même accompagnée de conditions, indique une disponibilité de l’embryon et on perd la dignité de l’embryon en cours de route".

Le professeur Paul Atlan, rapporteur du Consistoire de France au Conseil consultatif national d’éthique (CCNE), se dit satisfait de ces propositions. "Le texte est prudent et manifeste quelques ouvertures", indique, pour sa part, Ahmed Jaballah, théologien musulman, membre du Conseil européen de la fatwa et des recherches.

En ce qui concerne le diagnostic prénatal, Paul Atlan aurait souhaité que l’on aille plus loin. "Il est important de continuer le dépistage de la trisomie 21, mais il faut mettre l’accent sur les alternatives que l’on doit proposer à l’interruption volontaire de grossesse si l’on veut éviter la dérive eugéniste", souligne-t-il.

Rappelons que deux rapports sont encore attendus : l’un conclura fin juin les états généraux de la bioéthique ; l’autre sera celui de la mission parlementaire conduite par le député socialiste Alain Claeys qui doit terminer ses travaux en octobre prochain.

 

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