Quelles législations pour l’utilisation de CRISPR-Cas9 ?

Publié le : 15 octobre 2015

Tetsuya Ishii, bioéthicien à l’université Hokkaido de Sapporo au Japon, a passé un an à analyser les législations de trente-neuf pays concernant la modification du génome. Il livre les conclusions de son enquête.

 

Sur ces trente-neuf pays, vingt-neuf ont un cadre législatif restrictif qui réserve la modification du génome à des usages cliniques. Cependant, sur ces vingt-neuf pays, plusieurs pays n’interdisent pas réellement le recours à cette technique : c’est le cas de la Chine, du Japon ou encore de l’Inde. « En vérité, nous avons des règles mais certaines personnes ne les suivent jamais », expliquent Qi Zhou, biologiste à l’Académie chinoise de l’Institut des Sciences de Zoologie de Beijing.

Dans neuf autres pays, dont la Russie et l’Argentine, la législation à ce sujet est « ambigüe ». Ishii souligne que la position des Etats-Unis, qui interdit tout financement fédéral pour la recherche impliquant des embryons humains sans interdire officiellement l’utilisation de CRISPR-Cas9, l’est tout autant.

Ishii a constaté que dans les pays comme la France et l’Australie, où l’édition du génome était totalement interdite, la recherche est souvent autorisée à conditions qu’elle se plie à de nombreuses restrictions et qu’elle n’essaie pas de générer des naissances.

 

Enfin, de nombreux chercheurs appellent à la création de règles internationales en matière d’édition du génome (cf. Gènéthique des 4 septembre 2015 et 6 octobre 2015). L’Académie Nationale américaine prévoit d’organiser un sommet international en décembre afin d’édicter des recommandations pour une utilisation responsable de CRISPR en 2016.

 

Pour Ishii, les pays qui feront les premiers un usage clinique de CRISPR sont les pays qui, comme le Japon, ont un taux élevé de fécondations in-vitro.

 

<p>Nature (13/10/2015)</p>

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