Qualité de vie et éthique de la santé

Publié le 18 Fév, 2005

Du 21 au 23 février, se tiendra l’Académie Pontfoicale pour la Vie sur le thème "qualité de vie et éthique de la santé".

Hier, lors de la conférence de presse, Mgr Elio Sgreccia, président de cette académie, a montré que les sociétés développées tendent à une "qualité de vie optimale", tandis que "les organisations internationales veulent assurer à tous la meilleure santé possible". Pourtant il remarquait : "l’opinion publique, ni même la classe politique, ne sait pas encore précisément ce que l’on entend par « qualité de la vie »".

Mgr Sgreccia identifiait trois paramètres de cette "qualité de la vie" : "la qualité des soins médicaux, l’état social et économique, l’accès aux biens de consommation, y compris écologiques".

Mais il dénonçait aussi une "définition réductrice" selon laquelle lorsque la "qualité de vie" ne serait plus "acceptable", celle-ci "perdrait toute valeur et ne mériterait même pas d’être vécue". Mgr Sgreccia déplore que l’on "absolutise" ainsi la "qualité" de la vie humaine, au détriment de son "caractère sacré" : elle devient alors "relative".

Or, si la santé n’est pas la "valeur suprême de la personne", a fait remarquer Mgr Sgreccia, elle constitue cependant "un bien de la plus haute importance", et elle implique "le devoir moral de la préserver et de la retrouver".
L’Organisation Mondiale de la Santé a défini la santé comme "un bien-être complet de nature physique, psychique et sociale" mais il rapelle que cela conduit à "un concept hédoniste dont les conséquences risquent d’être mortelles". "Au nom de la santé de la femme, n’a-t-on pas légalisé l’avortement ?".

Et il interroge : "Jusqu’où pourrait aller ce que l’on appelle le droit à la santé ?" Existe-t-il un "droit à la santé à tout prix" ou ne faudrait-il pas plutôt affirmer "un droit aux soins médicaux" ?

Lors de la conférence de presse, Jean-Marie Le Méné, membre de l’Académie et président de la Fondation Jérôme Lejeune, a abordé la question de la "gestion de la santé" qui, dans les pays riches, évolue vers une "demande effrénée de bien-être". Les coûts sont "de plus en plus élevés" et "mal régulés par le marché". Or, dans les pays pauvres, "la gestion de la santé est pénalisée par une offre inadaptée".

Dans les pays développés, Jean-Marie Le Méné a montré que "de nouveaux besoins sont promus", et qu’ils obéissent "au seul critère du désir", comme "avoir ou non des enfants", être "physiquement beaux, toujours performants et jeunes", etc. On en arrive ainsi à exiger "l’assistance à la procréation" ou "l’élimination des nouveaux-nés handicapés", ou encore le clonage soi-disant "thérapeutique" et devant conduire "à l’éternelle jeunesse".

Les systèmes sanitaires des pays pauvres, a précisé Jean-Marie Le Méné, sont "victimes des idéologies", mais aussi de véritables "pirateries". Il a dénoncé d’une part la "piraterie biologique" qui consiste à "privatiser le patrimoine biologique des pays du sud" et d’autre part la "piraterie juridique", que manifestent les tentatives d’autoriser le clonage à l’ONU, alors que "la majorité des états membres est favorable à cette interdiction générale".

Zenit 17/02/05

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