Pratique de l’avortement et objection de conscience en France

Publié le : 8 mars 2011

Le quotidien gratuit Métro consacre une double page à l’avortement en France. L’article fait état de l’inquiétude de certains professionnels de santé qui défendent le "droit à l’avortement". En effet, les médecins pratiquant les IVG sont de moins en moins nombreux : leur moyenne d’âge est de 53 ans et ils ne sont pas remplacés par les jeunes diplômés que cet acte "peu valorisé et mal payé" n’attire pas. Plusieurs centres réalisant des avortements ont fermé et d’autres refusent de réaliser des IVG tardives (après la 10ème semaine). Nathalie Bajos, de l’Inserm, critique "une psychologisation de la pratique visant à dire que l’IVG est forcément un traumatisme pour les femmes, alors qu’aucune étude ne le prouve". Quatre françaises sur dix ont pourtant recours au moins une fois à l’IVG au cours de leur vie.

Deux sages-femmes témoignent également des raisons qui les ont poussées à faire valoir leur clause de conscience, ainsi que les y autorise la loi Veil de 1975. Pour Blandine, sage-femme lyonnaise de 29 ans qui explique avoir choisi son métier "par amour de la vie", "ce petit amas de cellules est déjà une vie humaine". Catherine, 33 ans et sage-femme à Paris depuis 9 ans, a pratiqué une IVG pendant ses études et une IMG ("interruption médicale de grossesse") au travail : elle ne s’en remet pas. "Je ne connais pas une seule sage-femme qui sorte indemne de cette expérience", observe-t-elle. Elle a alors fait valoir sa clause de conscience : "Des collègues m’ont reproché de les faire passer pour les bourreaux de service ! Je ne juge personne mais en conscience, moi, je ne peux pas !". Elle dénonce la discrimination des chefs de service qui, souvent, refusent de recruter des objecteurs de conscience.

Métro (Alexandra Bogaert) 08/03/11

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