Population : les objectifs de la Chine sont-ils eugénistes ?

Publié le : 19 novembre 2020

Dans son dernier plan quinquennal, la Chine fixe comme objectif d’« améliorer la qualité de sa population » et d’« optimiser la politique de natalité ».

Leta Hong Fincher, professeur à Columbia, a déclaré la semaine dernière que ces positions posaient sérieusement la question des droits de l’homme. Dans la province du Xinjiang au nord-ouest où résident les musulmans ouïghours, elle constate une baisse du taux de natalité de près d’un tiers en 2018 en raison d’une « meilleure mise en œuvre de la politique de planification familiale » (cf. Chine : contrôle des naissances Ouïghours pour un « génocide démographique », ONU : 25 ans de la conférence de Pékin sur les femmes). En parallèle, « le gouvernement essaie de coopter et de persuader les femmes chinoises Han qui ont fait des études supérieures d’avoir plus de bébés ».

Déjà 2018, le Dr Hong Fincher critiquait les politiques de contrôle de la population en Chine dans le New York Times : « Les sous-entendus eugéniques (…) sont indéniables (cf. Faut-il parler d’eugénisme ?). Alors même que les fonctionnaires incitent les femmes chinoises Han ayant fait des études supérieures à se marier et à tomber enceintes, ils découragent, parfois par la contrainte, les minorités ethniques ayant un taux de natalité élevé – en particulier les Ouïghours dans la région nord-ouest du Xinjiang – d’avoir plus d’enfants ».

Par ailleurs, pour encourager les mariages mixtes et diluer la population ouïghoure, depuis 2014, certaines collectivités locales versent 10 000 yuans (1 500 dollars US) aux couples métis pendant les cinq premières années de leur mariage, en plus des subventions pour le logement, les soins médicaux et l’éducation. Rien ne semble avoir changé.

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