PMA : le professeur René Frydman a-t-il enfreint la loi ?

Publié le : 23 mars 2017

En réaction au manifeste des 130 médecins publié il y a un an dans Le Monde (cf. PMA : 130 médecins et biologistes « hors la loi » réclament un plan infertilité , PMA : Les revendications des 130 médecins et biologistes « montrent la ruine de la réflexion éthique »), 200 médecins ont à leur tour signé un manifeste « visant à rappeler les fondamentaux de leur science » en six points :

 

« La médecine est avant tout un art au service des malades. Les deux principaux buts de la médecine sont prévenir les maladies et soigner les malades.

Il n’appartient pas au médecin de juger de la vie. Même s’il doit accompagner les couples stériles en désir d’enfant, le médecin n’a pas tous les droits pour faire surgir la vie.

Le médecin ne doit pas être au service d’une idéologie quelle qu’elle soit. La sélection des races, l’eugénisme, le dopage, les expériences sur l’homme, la fabrication d’enfants en dehors de la complémentarité homme-femme sont étrangers aux buts de la Médecine.

Il revient au Conseil de l’Ordre des Médecins, expression de notre profession, de faire respecter les règles de la déontologie médicale.

Le médecin est soumis à la loi en tant que citoyen. L’Etat quant à lui ne doit pas sortir de son rôle en demandant au médecin d’accomplir des actes techniques contraires à l’éthique médicale ».

 

Le docteur lyonnais Raphaël Nogier, cofondateur de l’association de protection de l’enfance Cosette et Gavroche et initiateur de ce manifeste, a en outre attaqué devant le conseil de l’ordre du Rhône quatre gynécologues lyonnais signataires de la première pétition. En effet, les 130 signataires reconnaissent « être sortis du cadre de la légalité afin d’aider des couples et des femmes à avoir un enfant », ce qui peut leur valoir 5 ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amende.

 

Mais, lors de la conciliation le 25 octobre dernier, « les médecins incriminés démentent avoir jamais pratiqué d’acte illégal ». Dans le procès-verbal, « les médecins expliquent que l’accroche journalistique ne leur a jamais été soumise et qu’ils la rejettent ». La plainte est retirée.

Toutefois en janvier 2017, le professeur Frydman persistait et publiait « le droit de choisir » (cf. PMA : René Frydman plaide pour « le Droit de choisir »), qui constitue « une petit précis d’eugénisme » pour le docteur Raphaël Nogier. L’association Cosette et Gavroche attaque alors le professeur devant le Conseil de l’ordre des Hauts-de-Seine (département où officie le médecin).

 

La conciliation s’est déroulée le 22 mars : « Après une heure d’exposé et trois quart d’heure d’âpre négociation, le professeur Frydman accepte finalement de signer le procès-verbal dans lequel il reconnait être opposé à laisser entendre par une accroche journalistique y compris celle du Monde publiée le 17 mars 2016 que des médecins signataires auraient transgressé la loi, qu’à sa connaissance aucun acte n’a été réalisé ». A l’issue de cette « longue » conciliation, la plainte est retirée, « mais la suspicion demeure ».

<p>Valeurs actuelles, Mickaël Fonton (23/03/2017)</p>

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