PMA : la vitrification des ovocytes influence le profil épigénétique

Publié le : 24 août 2020

Une analyse des publications scientifiques menée par des chercheurs du CHU de Dijon et publiée dans la revue Clinical Epigenetics, s’est intéressée à l’impact de la vitrification des ovocytes, une étape possible des procédures de procréation médicalement assistée (PMA), sur l’épigénome des gamètes et des embryons. Elle suggère que « les profils épigénétique[1] et transcriptomique[2] sont sensibles au stress induit par la vitrification des ovocytes ». « En raison de la diminution de la quantité d’ARN maternels stockés jusqu’à l’activation embryonnaire du génome, les dommages éventuels de la machinerie biologique peuvent contribuer à altérer le potentiel de développement embryonnaire. »

Les procédures de PMA représentent « 2 à 6 % des naissances en Europe ». Et « il existe des associations entre PMA et une incidence accrue de faible poids à la naissance, de malformations congénitales, de troubles de la croissance et du métabolisme, et de retards de développement psychomoteur ou mental ». « Plus spécifiquement, on a constaté une augmentation de l’occurrence de maladies rares liées à l’empreinte génomique, telles que le syndrome de Beckwith-Widemann, le syndrome d’Angelman et le syndrome de Silver-Russell » indiquent les chercheurs. Les techniques de PMA pourraient en effet « être préjudiciables à la reprogrammation épigénétique des gamètes et des embryons préimplantés, entraînant des effets potentiels après la naissance ». En effet, ces procédures « se produisent précisément pendant la période où il y a des changements majeurs dans l’organisation de l’épigénome ».

Pour les chercheurs, reste encore « la question cruciale de savoir si ces changements épigénétiques et/ou d’expression ont un effet sur le devenir à long terme des ovocytes vitrifiés et de la progéniture qui en est issue ».

 

Pour aller plus loin :

 

[1] « L’épigénétique désigne les processus conduisant à la diversification de l’expression du matériel génétique de manière héréditaire lors des divisions cellulaires et sans modification des séquences de nucléotides. »

[2] La transcriptomique est l’étude de l’ensemble des ARN messagers produits lors du processus de transcription d’un génome. Ce qui permet d’avoir une indication relative du taux de transcription de différents gènes dans des conditions données.

 

Source : Clinical Epigenetics, Julie Barberet et al., What impact does oocyte vitrification have on epigenetics and gene expression? (10/08/2020)

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