PMA : le marché tchèque

Publié le : 8 septembre 2020

La capitale de la République tchèque, Prague, compte « treize cliniques de fertilité ». Et « toutes possèdent un site internet disponible en plusieurs langues afin d’informer le maximum de clients potentiels ». Avant la pandémie, « nous avions 60% de patients étrangers et le reste de la République tchèque », estime Zuzana Švejcarová, coordinatrice du programme de fécondation in vitro du Prague Fertility Center, « une de ces cliniques multilingues qui accueille de nombreux patients étrangers ».

Parmi ces clients, des Français, venus dans ce pays en raisons du « prix » et de « l’absence de files d’attente ». « En effet, en France, lorsqu’un couple hétérosexuel a besoin d’ovocytes car ceux de la future mère ne sont pas fonctionnels, il faut attendre de deux à trois ans pour obtenir un don de la part d’une autre femme. » Alors qu’« en République tchèque, cette attente n’est souvent que de quelques semaines ». « Ici, les donneuses reçoivent une forme de compensation pour le temps qu’elles passent à la clinique, leur absence au travail et d’autres désagréments de ce type, explique Zuzana Švejcarová. Souvent, ce sont des jeunes femmes, des étudiantes, des mères. ». Les cliniques privées versent 15 000 couronnes (environ 570 euros) pour un don d’ovocytes. Les donneuses doivent être de nationalité tchèque.

Un critère qui a pesé dans la balance pour Céline et Manuel, « un couple de Français venus en République tchèque il y a environ trois ans pour y effectuer une PMA ». « Je suis grande aux yeux clairs et physiquement je suis plus proche des Tchèques que des Espagnoles, notamment pour ce qui est de la couleur des yeux, explique Céline. Ce critère a aussi réduit notre temps d’attente pour un don d’ovocytes. » Dans le pays, « les couples peuvent même aller jusqu’à demander des photos des donneuses pour choisir celle qui correspond le mieux à leurs critères de sélection ».

« Nous sommes passés du statut de patients en France à celui de clients en République tchèque. » Céline et Manuel sont conscients que « le tourisme de la fertilité en République tchèque est avant tout une affaire de gros sous ». Dans ce pays, « il faut compter 2 500 euros pour une fécondation in vitro sans don de sperme ou d’ovocytes, 3 800 euros avec un don d’ovocytes ».

« Preuve que ce marché du bébé est porteur en République tchèque, certaines cliniques tchèques de fertilité font partie d’un groupe fondé par le Premier ministre, le milliardaire Andrej Babiš qui a d’abord fait fortune dans l’industrie agroalimentaire. » Des cliniques qui « accueillent beaucoup de clients venus des quatre coins de l’Europe, et même au-delà ». Ainsi, dans la clinique de Zlín où Céline et Manuel ont effectué leur parcours, « plus de 5 000 enfants ont déjà été conçus grâce à la procréation médicalement assistée depuis l’an 2000 ».

 

Source : Radio Prague International, Marion Galard (04/09/2020)

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