Pharmaciens privés du droit à l’objection de conscience

Publié le 9 Oct, 2011

Le 7 octobre 2010, le Conseil de l’Europe votait le droit à l’objection de conscience pour toutes les "professions médicales" (Cf. Synthèse de presse du 08/10/11). En France pourtant, les pharmaciens, qui n’entrent pas sous cette appellation, en sont toujours privés. Bien qu’il soit précisé dans le Code de déontologie que "le pharmacien exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine", ceux-ci ne bénéficient pas de leur liberté de conscience aujourd’hui. Hospitalier ou en officine, les pharmaciens se voient contraints de délivrer des produits abortifs, sous peine de se voir interdit temporairement ou définitivement d’exercer leur profession. Il serait pourtant possible de revenir sur cette incohérence juridique et de redéfinir les contours de l’objection de conscience, pour l’étendre aux pharmaciens. D’autant plus que les parlementaires européens ont créé une nouvelle clause (article L. 2151-7-1) relative à la bioéthique, précisant qu’ "aucun chercheur, aucun ingénieur, technicien ou auxiliaire de recherche quel qu’il soit, aucun médecin ou auxiliaire médial n’est tenu de participer à quelque titre que ce soit aux recherches sur les embryons humains ou sur les cellules embryonnaires".

Une jeune pharmacienne de 26 ans exerçant en officine témoigne : "Pour beaucoup, ce n’est plus la personne humaine qui est au centre, c’est la "liberté" de chacun qui prévaut. On me répond que chacun a le droit de choisir quel "contraceptif" utiliser. Mais ma liberté à moi, de ne pas vouloir participer à un acte criminel qui va à l’encontre de ma conscience, n’est-elle pas aussi importante ?"
"Il est très difficile d’exprimer un refus au comptoir, surtout lorsque l’on est une simple employée", souligne-t-elle. "L’idéal serait de prendre les femmes et jeunes filles à part et de bien leur expliquer ce que leur acte implique, tous les effets qui en découlent, car en allant un peu sur les forums qui parlent de cela sur Internet, on se rend compte de la méconnaissance de la plupart de femmes vis-à-vis de ces méthodes (pilule du lendemain et stérilet)".
Elle conclut en disant son espoir "que soit mise en place une clause de conscience, à l’exemple de celle existant pour les autres métiers de la santé. (…) J’aimerais pouvoir dire aux pharmaciens pour qui je travaille que je suis pour la vie, sans craindre de perdre mon travail".

Liberté Politique (Pierre-Olivier Arduin, propos recueillis par P.-O. Arduin) 07/10/11

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