Pétition pour l’arrêt des prélèvements d’organes de prisonniers exécutés en Chine

Publié le : 3 décembre 2013

 

 Le 9 décembre 2013, le Haut-commissaire aux droits humains des Nations Unies se verra remettre par l’Organisation non gouvernementale « Doctor against forced organ harvesting » (DAFOH), une pétition signée par plus d’un million de personnes. L’objectif? « Demander l’arrêt immédiat des prélèvements d’organes sur des prisonniers exécutés en Chine« . 
La Chine se trouve actuellement au deuxième rang mondial des pays effectuant le plus grand nombre de transplantation d’organes : en 2005, 20 000 transplantations ont été effectuées « dans des délais records » avec seulement « une à deux semaines d’attente » précise The China Daily. Entre 1999 et 2006, le nombre de centres effectuant les prélèvements est passé de 150 à 600. Le Dr Harold King, chirurgien dentiste et responsable en France de l’ONG DAFOH en explique les raisons potentielles, lors d’un débat à l’Assemblée nationale : « en 1984, le gouvernement chinois a autorisé la police à utiliser les cadavres des prisonniers condamnés à mort en vue des transplantations, avec ou sans le consentement de la famille« . Depuis cette date, et selon un rapport d’enquête intitulé « prélèvement meurtriers » *, « les preuves se sont accumulées » précise le journaliste. Sous la pression des autorités internationales, « la Chine a tenté de montrer patte blanche en adoptant une résolution visant à limiter les prélèvements aux personnes volontaires« . Mais seuls 169 hôpitaux sur les 600 actifs l »ont signée. 

 

Par cette pétition, les médecins français « appellent à ne pas garder un silence complice« et mobiliser la communauté scientifique face à l' »inacceptable » explique le Dr Jacques Belghiti, chef du service de chirurgie hépatobilio-pancréatique au CHU de Beaujon en dénonçant l’absence de réaction des transplanteurs en 2006 au moment de l' »explosion des transplantations en Chine« . Mais, « l’idée [notamment aux Etats-Unis] selon laquelle le prisonnier trouverait sa rédemption dans la transplantation » ou encore celle du « libéralisme économique qui ne voit pas de scandale à commercialiser des organes » reste un véritable obstacle. En France, c’est l’Agence de Biomédecine qui contrôle les transplantations de façon « irréprochable« . Le Pr Didier Sicard, propose que la France aide les Chinois en hissant « l’ABM au rang de modèle international« . 

 

*Rapport d’enquête « prélèvements meurtriers » – David Matas, avocat et David Kilgour, ancien secrétaire d’Etat canadiens pour l’Asie Pacifique. 
 

<p> Le Quotidien du Médecin (Coline Garré) 02/12/2013</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres