Pays-Bas : bientôt l’euthanasie pour les moins de 12 ans. Quid du consentement ?

Publié le : 14 octobre 2020

L’euthanasie sera dépénalisée pour les enfants de tout âge. C’est l’annonce faite aux Pays-Bas ce mardi, après plusieurs mois de débat. L’euthanasie y était déjà possible à partir de douze ans -avec le consentement de l’enfant, et avant un an – avec le consentement des parents. Entre les deux, les experts ne parvenaient pas à se mettre d’accord « sur le fait de savoir si des enfants de cet âge sont capables de prendre pareille décision ».

Le ministre de la Santé Hugo de Jonge a expliqué au Parlement qu’il fonde cette décision sur une étude selon laquelle il existerait « un besoin de pouvoir mettre fin intentionnellement à la vie parmi les médecins et les parents d’enfants incurables, qui souffrent désespérément et épouvantablement et mourront dans un avenir prévisible ». Par ailleurs, selon un rapport de trois hôpitaux publié l’année dernière, « 84 % des pédiatres néerlandais souhaitaient l’interruption de la vie active pour les enfants âgés de 1 à 12 ans ».

Les lois existantes ne seront pas modifiées. Le ministre propose de supprimer les poursuites contre les médecins en cas d’euthanasie avérée sur un enfant âgé de 1 à 12 ans. Le Parlement discutera la question dès demain et la nouvelle règlementation sera effective « dans les prochains mois ».

Hugo de Jonge explique qu’il sera administré aux enfants une « sédation terminale », ce qui signifie les « mettre dans un coma artificiel et les déshydrater jusqu’à la mort », détaille Wesley J. Smith, auteur bioéthique. Le ministre de la Santé estime que 5 à 10 enfants devraient être concernés chaque année.

Theo Boer, éthicien néerlandais, s’oppose à cet énième élargissement des conditions d’accès à l’euthanasie:  « Le fait que nous ne tuions que des personnes qui le demandent est une pierre angulaire de notre système d’euthanasie » explique-t-il. Or les enfants, « compte tenu de leur maigre expérience de la vie, (…) ne peuvent pas donner un consentement vraiment éclairé » regrette encore Theo Boer. D’autres craignent que cette mesure ne mène doucement vers une « euthanasie » des adultes sans leur consentement.

 

Sources : Le Figaro, AFP (13/10/2020) ; BioEdge, Michael Cook (14/10/2020)

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