ONU : vers une légalisation universelle de l’avortement ?

Publié le : 25 juillet 2014

Christophe Foltzenlogel, juriste au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ – European Centre for Law and Justice) attire l’attention sur des changements de cap dans les «  objectifs du millénaire pour le développement et l’après 2015 »  adoptés par l’ONU en septembre 2000 au « Sommet du Millénaire ».

Par ce programme d’action, les Etats se sont fixés huit « objectifs du Millénaire ». Le cinquième objectif concerne  » l’amélioration de la santé maternelle« . Adoptés par 189 Etats et les grandes institutions mondiales pour le développement, ces objectifs sont « une référence internationale majeure pour l’action politique des Etats et des institutions. Ils déterminent aussi largement l’affectation des fonds publics en matière d’aide au développement« . 

En matière d’amélioration de la santé maternelle, le programme veut « faire baisser de 75% le taux de mortalité maternelle« . Jusqu’à présent, la question de l’avortement et du contrôle des naissances ne faisaient pas partie de ce cinquième objectif ni des rapports de l’ONU relatifs aux objectifs du millénaire. Cependant, gouvernements occidentaux et ONG souhaitent « que l’avortement soit intégré à l’avenir parmi les objectifs post 2015 comme un moyen d’améliorer la santé maternelle« . Et dans un rapport de 2011, « le Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies appelait explicitement les Etats à légaliser l’avortement« . Pourtant, dans beaucoup d’Etats, Christophe Foltzenlogel précise que l’avortement est interdit pénalement et « qu’aucun traité de l’ONU ou texte contraignant n’impose à ce jour aux Etats de légaliser l’avortement ». 

Ces déclarations de l’ONU ont suscités de vives réactions « car elles rompent le consensus international en faveur de la protection de la vie, et la volonté de ne pas favoriser l’avortement« . Le droit international ne contient aucun droit à l’avortement [poursuit Christophe Foltzenlogel], il consacre au contraire le droit à la vie« . D’ailleurs l’intervention du Comité des droits de l’homme de l’ONU qui a récemment accusé l’Irlande d’être « en violation des droits de l’homme » car elle « n’autorise pas l’avortement en cas de viol et de malformation et ne rembourse pas les frais de transports à l’étranger des femmes enceintes qui s’y rendent pour avorter » démontre bien qu’il y a une volonté de légaliser l’avortement dans tous les pays membres (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 16/07/2014). 

Par ailleurs, de nombreuses études montrent que « l’avortement, qu’il soit médicalisé, et légal ou non, présente des risques pour les femmes » et « de nombreuses séquelles surviennent suite à de tels actes » souligne Christophe Foltzenlogel : « Une femme sur dix qui avorte souffre de complication et dans un cas sur deux sa vie est en danger« .  
L’amélioration de la santé maternelle ne peut se faire « en favorisant la légalisation de l’avortement« . Il faut au contraire favoriser « une alimentation adéquate, assurer la présence de sages-femmes qualifiées, ainsi qu’ un suivi médical avant, pendant et après l’accouchement« . Car il existe une « corrélation entre les progrès médicaux majeurs et la santé des femmes« .

Pour Christophe Foltzenlogel, « la légalisation de l’avortement ne fera pas diminuer la mortalité maternelle. […] Sous couvert de lutter contre la mortalité maternelle, le but de cette politique de santé sexuelle et reproductive est de changer en profondeur la société des pays en développement, en réduisant leur fécondité. Il s’agit ni plus ni moins que d’exporter dans les pays pauvres le prétendu ‘modèle social occidental’, majoritairement contraceptif, et abortif. »

<p>Zenit (Christophe Foltzenlogel) 24/07/2014 - Liberté politique (Christophe Foltzenlogel) 24/07/2014</p>

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