ONU : discussion autour de la santé maternelle

Publié le : 22 septembre 2010

Alors que les dirigeants du monde sont réunis à l’ONU cette semaine pour discuter de l’avancement des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), Chris Smith, membre du Congrès américain, explique dans le Washington Post qu’une forte réduction de la mortalité infantile et maternelle restera très incertaine si l’administration Obama intègre directement ou secrètement l’avortement dans le document final (Cf. Synthèse de presse du 28/07/10).

Il rappelle que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton "a publiquement déclaré qu’elle croit que l’accès à l’avortement fait partie de la santé maternelle et reproductive, ce qui va à l’encontre de la compréhension de plus de 125 Etats membres de l’ONU qui interdisent ou limitent l’avortement dans leurs lois et constitutions". Pour Chris Smith, réduire la mortalité maternelle et la mortalité infantile sont les deux objectifs les plus réalisables aujourd’hui, mais ils peuvent être compromis si le sommet de l’ONU est  influencé par les revendications des activistes pro-avortement.

Pour achever l’objectif 4 du millénaire pour le développement, à savoir réduire le taux de mortalité infantile de deux tiers par rapport au taux de 1990, Chris Smith explique que de nombreuses actions rentables doivent être étendues, notamment "le traitement et la prévention des maladies, un plus grand accès à une nourriture adéquate, à une eau propre, aux vaccins infantiles, à des moyens de réhydratation orale, à des antibiotiques et à des médicaments pour empêcher la transmission du VIH des mères aux enfants". Il ajoute que les enfants à naître ont également un immense besoin de voir leur santé optimisée avant et après la naissance, la bonne santé commençant in utero. Chris Smith rappelle que l’avortement est par définition la mort d’un enfant et compromet comme tel l’objectif 4. De plus, il est lourd de conséquences négatives pour la santé des femmes, les atteignant émotionnellement et psychologiquement.

L’objectif 5, la réduction de la mortalité maternelle de 75% par rapport au taux de 1990, peut être atteint par "de bonnes compétences des professionnels de la naissance, les traitements pour stopper les hémorragies, l’accès à du sang propre, les soins obstétriques d’urgence, les antibiotiques, la réparation de fistules, une nourriture adaptée et des soins avant et après la naissance".

Chris Smith cite une étude* parue en avril 2010 dans le journal britannique The Lancet et financée par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui rapporte un déclin de 35% de la mortalité maternelle dans le monde, passée de 526 300 en 1980 à 342 900 en 2008. Ces chiffres confirment ceux du rapport de l’Organisation mondiale de la santé intitulé "Tendances en matière de mortalité maternelle" rendu publique le 15 septembre 2010.  Chris Smith souligne que "contrairement aux mythes prévalant dans ce domaine, cette étude [du Lancet] montre que de nombreux pays ayant des lois interdisant l’avortement sont aussi ceux qui ont des taux de mortalité maternelle parmi les plus bas du monde – L’Irlande, le Chili et la Pologne en font partie". Lifenews précise que les chercheurs du Lancet ont été surpris de constater que 3 des plus riches pays au monde ont des taux de mortalité maternelle en augmentation : les Etats-Unis, le Canada et la Norvège qui ont des législations libérales en matière d’avortement.

* The Lancet, "Maternal mortality for 181 countries, 1980—2008: a systematic analysis of progress towards Millennium Development Goal 5", Margaret C Hogan MSc, Kyle J Foreman AB, Mohsen Naghavi MD, Stephanie Y Ahn BA, Mengru Wang BA, Susanna M Makela BS, Prof Alan D Lopez PhD, Prof Rafael Lozano MD, Prof Christopher JL Murray MD

Washington Post (Chris Smith) 19/09/10 - Medical News Today 21/09/10 - Lifenews (Steven Ertelt) 15/09/10 - Nouvelobs.com 15/09/10

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