OGM : des promesses rarement tenues

Publié le 19 Oct, 2022

Pour promouvoir les techniques de modification génétique, des promesses sont véhiculées mais rarement tenues. Que ce soit la lutte contre la faim dans le monde, l’adaptation au changement climatique ou l’amélioration de la santé des agriculteurs, ces promesses, reprises à chaque débat, n’aboutissent pas.

Une série de promesses non tenues

En 2005, Daniel Chéron, directeur général adjoint de Limagrain, promettait « une réduction de 10.000 tonnes d’herbicides » grâce aux OGM et notamment au seul soja résistant au RoundUp. Finalement, la quantité d’herbicides utilisée aux Etats-Unis est passée de 218.000 tonnes en 1996 à « plus de 255.000 tonnes » en 2019.

Et en dépit des promesses des sociétés Pioneer/Dupont et Monsanto, des insectes ont développé des résistances quand des espèces qui n’étaient pas ciblées ont été impactées.

Quant à la santé des agriculteurs, « la culture de coton transgénique [s’est] traduite pas une notable amélioration de l’état de santé des agriculteurs chinois ».

De nouvelles techniques pour réaliser ces promesses ? 

Le développement des nouvelles techniques de modification génétique donne lieu à de nouvelles promesses (cf. « New Breeding Techniques » : vers l’utilisation de « nouveaux OGM » qui ne disent pas leur nom ?). La Commission européenne voudrait simplifier l’encadrement des OGM transgéniques, censés contribuer à une agriculture durable (cf. La Commission européenne pourrait déréguler les « nouveaux OGM » dès 2023). Pour l’organisation professionnelle Croplife, ces techniques « offrent des bénéfices en termes de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et de durabilité globale de l’agriculture ». Elles permettront « d’améliorer les variétés végétales de manière bénéfique pour les agriculteurs ou pour les consommateurs » explique de son côté l’organisation EuropaBio.

Ces nouveaux produits sont « similaires ou indistinguables des produits existants développés par des techniques traditionnelles », assure Croplife, souhaitant s’affranchir de tout encadrement. De même, l’organisation professionnelle de semenciers Euroseeds promet que ces produits « obtenus par de nouvelles techniques » sont « aussi sûrs » que les produits conventionnels et « ne justifient pas de surveillance réglementaire supplémentaire ».

Pourtant « l’argument de la similarité entre OGM non transgéniques et la nature passe sous silence que chacune des techniques de modification génétique utilisées impliquent des effets non-intentionnels pouvant permettre de différencier deux produits » (cf. Des effets off-target révélés chez des taureaux génétiquement modifiés).

 

Source : Inf’OGM, Eric Meunier (13/10/2022)

 

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