Nucleus Embryo : un start-up promeut l’« optimisation génétique »

Publié le 10 juin 2025 . Mis à jour le 18 novembre 2025 à 01:53.
Nucleus Embryo : un start-up promeut l’« optimisation génétique »
© iStock - tiero

« Le choix vous appartient ». La start-up Nucleus Genomics, fondée en 2021 par Kian Sadeghi, 25 ans, propose différents « services ». Initialement dédiée au calcul du risque d’être atteint par différentes maladies, elle a ensuite développé un produit prétendant éclairer ses clients sur la façon dont leur patrimoine génétique est corrélé à « une foule de questions complexes, dont leur quotient intellectuel »[1]. Désormais, avec Nucleus Embryo, la société propose de récupérer le génome des embryons fabriqués par les cliniques de PMA pour que les futurs parents choisissent lequel implanter [2].

« Choisissez en toute connaissance de cause. » « Triez, comparez et choisissez vos embryons en fonction de ce qui compte le plus pour vous. » « Nucleus propose plus de 900 analyses génétiques portant sur les cancers, les maladies chroniques, l’apparence, les capacités cognitives et la santé mentale », explique le site de l’entreprise.

Ainsi, outre le sexe, la couleur des yeux et celle des cheveux, les clients peuvent comparer jusqu’à 20 embryons en fonction de leur risque de développer une future acné sévère, un surpoids, un cancer de l’estomac, de l’hypertension, une schizophrénie ou encore des troubles bipolaires. Des embryons triés aussi en fonction d’une estimation de leur QI (cf. Une start-up américaine propose de trier les embryons en fonction de leur QI). Pour ce faire, la société met en œuvre des « scores de risques polygéniques » pour déterminer des « résultats génétiques complexes, comme l’intelligence et l’anxiété ». Un outil pour le moins controversé (cf. Scores de risque polygénique : des résultats « imprécis et incohérents »).

« Il n’y a pas si longtemps, la FIV-1 suscitait la peur et la stigmatisation des bébés éprouvettes », déclare Kian Sadeghi. « Ce qui était autrefois controversé est aujourd’hui une pratique quotidienne. Il en va de même pour l’optimisation génétique, considère le chef d’entreprise. La technologie est maintenant là et elle est là pour rester. » (cf. L’eugénisme : une pratique interdite… mais florissante)

Mais est-ce de cette société dont nous voulons ?

Complément du 01/09/2025 : Le lancement de la start-up Herasight a été annoncé par ses fondateurs Tobias Wolfram et Alex Strudwick Young, Ce dernier présente la société comme une « start-up spécialisée dans la fécondation in vitro (FIV) », affirmant qu’elle est capable de prédire « la probabilité de développement de 17 maladies différentes dans un ensemble donné d’embryons« . Une fonctionnalité de « prédiction du QI » est également prévue. L’entreprise assure « battre ses concurrents« , tels que Nucleus Genomics ou Orchid (Source : Futurism, Joe Wilkins (02/08/2025)).

Complément du 18/11/2025 : « Ces bébés ont de super gènes », « ayez votre meilleur bébé » : sur son compte X, le fondateur de la start-up Nuclear Genomics, Kian Sadeghi, a annoncé le lancement d’une grande campagne de publicité dans New-York pour promouvoir son application de sélection d’embryons. « Un embryon sur mon iPhone », résume l’entrepreneur. Et « bientôt, peut-être, commandez simplement votre bébé via Uber Eats », ironise Antonio Regalado, journaliste du MIT Technology Review, sur X.

[1] Wall Street Journal, Amy Dockser Marcus, Longevity Is Now a Factor When Picking an Embryo for IVF (04/06/2025) ; Tech Crunch, Julie Bort, Genetics testing startup Nucleus Genomics criticized for its embryo product: ‘Makes me so nauseous’ (06/06/2025)

[2] La start-up est associée à Genomic Prediction, qui travaille avec des cliniques de FIV.