Nouvelle-Zélande : trois jours de congé de deuil pour les parents après une fausse-couche

Publié le 26 Mar, 2021

Le Parlement néo-zélandais a adopté une loi octroyant un congé de trois jours pour les parents ayant perdu un bébé pendant la grossesse ou à la naissance. La loi a été votée le 24 mars dernier, à l’unanimité. Ce congé spécifique, qui n’est pas un congé maladie, s’applique « aux mères et à leur partenaire » ainsi qu’ « aux parents cherchant à avoir un enfant par gestation pour autrui (GPA) », « ou adoption ».

La nouvelle législation se veut « progressiste et compatissante ». Son objectif est de cesser de « puiser dans les congés maladie », car « le deuil qui accompagne une fausse couche n’est pas une maladie, c’est une perte, et il faut du temps pour se remettre physiquement et mentalement d’une telle perte », a expliqué la députée travailliste Ginny Andersen devant le Parlement. « Une Néo-Zélandaise sur quatre a fait une fausse couche, estime la députée Jan Logie, et environ 20.000 femmes perdent un enfant via une fausse couche ou vivent un deuil périnatal chaque année ». C’est une expérience « incroyablement normale, mais normale ne veut pas dire facile ; cela ne veut pas dire sans douleur » explique-t-elle. Elle espère que la nouvelle loi va « briser un tabou ». Car « nous avons pendant longtemps, par le silence et la stigmatisation, forcé les femmes – principalement les femmes – à faire comme si cela ne s’était pas produit ».

Il y a un an, la Nouvelle-Zélande a dépénalisé l’avortement jusqu’à 20 semaines de grossesse. Malgré plusieurs tentatives, le projet de loi ne s’applique pas aux femmes qui mettent fin à leur grossesse par un avortement. « Le chagrin, l’angoisse et le traumatisme vécus lors d’un avortement et le fait qu’il ne soit pas inclus dans ce projet de loi me mettent mal à l’aise – personnellement mal à l’aise » a déclaré la députée nationale Erica Stanford, qui soutient pourtant la nouvelle loi.

En France, les femmes ont droit à un congé maternité « si l’enfant n’est pas né vivant ou s’il est décédé alors qu’il était né à partir de la 22e semaine d’aménorrhée ou que le poids de l’enfant à la naissance est d’au moins 500 grammes ». Avant ce terme, pour les fausses-couches dites précoces, les femmes peuvent bénéficier d’un congé maladie d’une durée choisie par le médecin qui le prescrit.

 

Sources : Figaro Madame, Tiphaine Honnet (25/03/2021) ; NPR, Laurel Wamsley (25/03/2021) ; Huffington Post (25/03/2021) ; Guardian, Tess McClure (25/03/2021) – Photo : Pixabay\DR