Nouvelle instruction ministérielle : le début du chantier des soins palliatifs

23 Mai, 2023

Une version non définitive de la nouvelle instruction du ministère de la santé fixant le cadre du développement des soins palliatifs a été dévoilée hier soir dans le journal La Croix.

Première pierre de ce grand chantier, le texte devrait être publié cette semaine. Il remplacera une circulaire de 2008.

Son but : mieux structurer l’offre de soins palliatifs pour l’adapter aux besoins croissants d’une population vieillissante et permettre à tous les patients de bénéficier d’une prise en charge de qualité.

Une offre qui s’adapte au patient

« Ce n’est plus le patient qui s’adapte à l’offre, mais l’offre qui s’adapte au patient » souligne Giovanna Marsico, directrice du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV).

Principale nouveauté : créer d’ici la fin 2024 des filières de soins palliatifs sous l’autorité des agences régionales de santé (ARS).

« Il s’agit d’organiser un maillage du territoire qui permette de prendre en charge tous les malades qui le nécessitent (du nourrisson à la personne très âgée), quel que soit le lieu de vie et de soins (à domicile, en Ehpad, à l’hôpital ou dans une maison d’accueil spécialisée), et d’assurer la continuité des soins en fonction de l’évolution de la situation et des choix exprimés par le patient » indique Élisabeth Balladur, médecin hospitalier ayant participé à la rédaction du nouveau texte.

Autre nouveauté : permettre une prise en charge à domicile pour les patients qui le souhaitent et qui disposent d’un entourage susceptible de les accompagner.

« La circulaire de 2008 organisait une vision à tendance hospitalo-centrée et très médicalisée de la fin de vie. L’instruction prend en compte le fait que les trajectoires sont diverses et ne peuvent être seulement conditionnées par l’état de santé, mais aussi par la situation psycho-sociale et les souhaits des patients » précise Giovanna Marsico.

Les besoins sont énormes

La mise en œuvre de cette instruction nécessitera des moyens financiers et humains.

Ces besoins sont énormes, comme l’ont unanimement relevé tous les acteurs du débat (cf. Avis du CCNE : en marche vers l’aide active à mourir ?). La Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) souligne que « sur les 300 000 personnes décédées en 2022 et qui auraient dû bénéficier de soins palliatifs, les deux tiers n’ont pu y accéder faute d’une offre suffisante » (cf. Soins palliatifs : les six propositions de la SFAP).

« Ce sera l’objet de la stratégie décennale de développement de soins palliatifs » rappelle le cabinet d’Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée aux professions de santé en charge du dossier (cf. Plan décennal pour les soins palliatifs : encore des promesses ?). Mi-juillet, le professeur Franck Chauvin, chargé de coordonner les travaux, devrait présenter une première esquisse de cette stratégie (cf. Vers un plan décennal pour les soins palliatifs ?).

 

Source : La Croix, Antoine d’Abbundo (22/05/2023) – Photo : Pixabay

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