« Notre fille est décédée à 21 ans à cause de la pilule »

Publié le : 17 novembre 2020

Au Royaume Uni, Julian et Brian Kurek lancent un avertissement : « Notre fille est décédée à 21 ans à cause de la pilule ». A l’instar du médecin légiste, ils demandent au gouvernement une meilleure formation des médecins sur la contraception, car le cas de leur fille Fallan n’est pas isolé : la pilule contraceptive en cause, combinaison d’oestrogène et de progestatif, a provoqué 14 décès en six ans. « Plus il y aura de personnes au courant des effets secondaires [de la pilule], plus de vies seront sauvées », estime le père de la jeune femme. L’avocate des parents de Fallan considère pour sa part que « les symptômes de ces femmes [décédées] n’ont pas été suffisamment pris au sérieux, et la pilule contraceptive n’a pas été prise en compte dans leurs antécédents médicaux. (…) Les professionnels de santé doivent être clairs sur les risques lorsqu’ils prescrivent la pilule. Et ces risques devraient être au premier plan dans leur esprit lorsqu’ils voient des patientes présentant les symptômes possibles d’une thrombose » (cf. Contraception et effets secondaires : les femmes britanniques se plaignent de manquer de d’information, Pilule contraceptive : annulation du non-lieu dans l’affaire Marion Larat, Dans le coma à 19 ans, à cause de sa pilule contraceptive).

En Angleterre, plus d’1,5 million de femmes prennent une pilule contraceptive combinée. Parmi elles, entre 750 et 1800 risquent de développer une phlébite ou une embolie pulmonaire. L’Agence gouvernementale de règlementation des médicaments a cependant répondu que « les pilules contraceptives hormonales sont des médicaments très efficaces, et les avantages associés à leur utilisation l’emportent largement sur leurs risques ».

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament vient pour sa part de lancer une enquête publique sur des progestatifs (Lutényl, lutéran et leurs génériques) à propos du risque de méningiome associé à leur prise. Ces « macroprogestatifs », mis sur le marché pour le traitement de l’endométriose ou de troubles des règles, ont souvent été utilisés en dehors de ces indications, et notamment comme contraceptif. Or « le risque de survenue d’un méningiome associé à ces progestatifs augmente en fonction de la durée du traitement, de la dose prescrite et de l’âge de la patiente ». En France, cent cas par an de méningiome seraient liés à ces produits (cf. Androcur : de nouveaux cas de tumeurs, une action en justice, Androcur, utilisé comme contraceptif, provoque des tumeurs au cerveau mais continue d’être autorisé, Contraception et tumeurs au cerveau : le médicament ne sera pas retiré du marché).

Sources : Mirror, Jon Ungoed Thomas (14/11/2020) ; le Quotidien du médecin, Dr Lydia Marié Scemama (17/11/2020)

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres