« Ne pas réanimer » : des interprétations variables aux conséquences mortelles

Publié le : 4 janvier 2021

L’ordonnance « ne pas réanimer »[1] signifie que le patient a demandé de ne pas recevoir de réanimation cardio-pulmonaire. Une étude parue dans l’American journal of Nursing montre des variations significatives dans la façon d’appliquer cette ordonnance. Les patients, comme les personnels soignants, peuvent être confus sur ce qu’ils entendent derrière ces mots.

Au terme d’entretiens avec trente-cinq infirmières, les chercheurs ont identifié trois points problématiques :

  • Alors que les infirmières ont reçu des définitions claires sur le fait de « ne pas réanimer », leurs interprétations peuvent varier. Ainsi, certaines l’élargissent à toute mesure « agressive » d’assistance vitale.
  • Les différences d’interprétation au sein des équipes soignantes affectent les soins et provoquent des tensions : si certains considèrent qu’un patient « DNR » est un patient de soins palliatifs, d’autres estiment de leur devoir de faire tout ce qu’ils feraient pour quelqu’un d’autre.
  • Les infirmières ont été confrontées à des conflits familiaux au sujet de ces ordonnances, notamment lorsque la situation du patient évolue et que les membres de la famille ne sont plus en accord avec le refus de réanimation.

Ces différences de perceptions ont des conséquences lourdes sur la vie du patient, entraînant des réponses cliniques variables lorsque l’état du patient se détériore.

Pour les auteurs de l’étude, cette ordonnance employée depuis quarante ans ne doit pas être comprise comme une diminution des soins. Les infirmières jouent un rôle clef concluent-ils : elles « ont la possibilité de clarifier de telles interprétations erronées ».

[1] « Do not ressuscitate » en anglais, abrégé en « DNR »

Source : Medical press (23/12/2020)

 

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres