Moustiques OGM : un pas de plus vers le contrôle du paludisme ?

Publié le : 4 novembre 2020

Des chercheurs américains ont réalisé « une avancée » dans l’utilisation des technologies génétiques pour contrôler la diffusion des parasites responsables du paludisme via les moustiques. Adriana Adolfi, chercheuse à l’Université de Californie, en collaboration avec l’UCI, l’UC Berkeley et l’UC San Diego, a poursuivi une étude précédente qui visait à « rendre les moustiques vecteurs résistants à la diffusion des parasites de la malaria », par le biais d’une modification génétique. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs sont parvenus à augmenter la transmission de la modification génétique chez les moustiques femelles. « Ces travaux permettent d’atténuer un problème important lié aux premiers systèmes de transmission de gènes, à savoir l’accumulation de moustiques résistants qui pourraient encore diffuser les parasites du paludisme », explique Anthony James, biologiste, et cochercheur principal de l’étude.

Les chercheurs utilisent la méthode de « population modification », à l’aide de CRISPR. Dans une étude précédente, le gène modifié chez un mâle avait été transmis à 99% des moustiques, tandis que le gène modifié chez une femelle avait été transmis à 60-70% des moustiques. En effet, « un nombre important de chromosomes résistants au drive est généré chez les femelles, ce qui, en principe, pourrait permettre à ces dernières de continuer à diffuser des parasites ». Adriana Adolfi et son équipe ont résolu le problème « en équipant le lecteur de gènes d’une copie fonctionnelle du gène cible dans lequel le lecteur est inséré ». En effet, ce gène cible est nécessaire pour assurer une fertilité efficace de la femelle, et sa fonctionnalité peut être perturbée au moment de l’utilisation de CRISPR. Les femelles ainsi obtenues présentaient un nombre négligeable de chromosomes résistants à modification génétique. Les chercheurs considèrent ainsi qu’une bonne résistance à la transmission du paludisme peut être obtenue aussi bien chez les mâles que les femelles.

Des tests approfondis sont encore nécessaires pour vérifier sécurité et efficacité avant de passer aux essais sur le terrain. L’étude a été publiée dans la revue Nature[1].

Sources : News Medical, Emily Henderson (03/11/2020) ; EurekAlert, University of California (03/11/2020)

[1] Efficient population modification gene-drive rescue system in the malaria mosquito Anopheles stephensi

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