Mères porteuses : l’humanité de l’enfant en péril

Publié le 22 Déc, 2008

Jeudi dernier, la Cour de cassation a rendu un arrêt confirmant le caractère illégal de la pratique des mères porteuses (cf. Synthèse de presse du 18/12/08). Dans le Figaro, Catherine Dolto, fille de Françoise Dolto et médecin, revient sur les dangers de la gestation pour autrui (GPA).

Catherine Dolto analyse la pratique des mères porteuses au vue de ce que l’on sait aujourd’hui de la vie prénatale. Elle regrette que dans de telles pratiques, on oublie la souffrance qui s’en suivra inévitablement : "celle de la mère qui abandonne, celle de ses autres enfants, celle de son compagnon et celle de l’enfant à naître si poreux, dès la vie prénatale, aux affects de ceux qui l’entourent". Et de s’interroger : "comment préserver le sentiment de sa dignité quand on est le résultat d’une transaction, d’un contrat, d’une livraison ?" ; "Peut-on accepter que le désir […] d’avoir un enfant porteur de mêmes gènes que soi pousse un couple d’humains à le produire et le commander comme on le ferait d’un objet ou d’un animal de compagnie ? ; Que signifie ce "droit à l’enfant" brandi aujourd’hui comme une évidence?".

En légalisant une telle pratique, dénonce-t-elle, on traite l’enfant comme un objet convoité auquel chacun a droit s’il peut payer en lui proposant comme premier lien affectif, un marché de dupes entre ses parents et une femme qui accepte de disparaître après la naissance. Pour Catherine Dolto, "c’est l’humanité même de l’enfant que l’on met en péril".

La nouvelle "rupture éthique" constituée par la GPA est "le nouage au même instant, d’une procréation manipulée par la technique médicale et d’un abandon programmé". Permettre une telle pratique "c’est tirer le groupe humain que nous sommes vers sa "mammiferité" plutôt que vers son humanité".

Elle rappelle qu’aujourd’hui, on sait que la vie affective commence bien avant la naissance et que "tout être humain est en partie modelé par son histoire et par celle de ses parents".

Enfin, Catherine Dolto explique qu’il existe un "lien étroit et actif entre la manière dont une société encadre la gestation et la petite enfance et l’évolution que les enfants ainsi traités feront subir à leur cadre social".

Le Figaro (Catherine Dolto) 21/12/08

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