Loi Taubira, PMA, GPA : les professionnels s’expriment

Publié le : 9 avril 2013

La loi Taubira continue de faire couler de l’encre. Les professionnels du droit français ou européen alertent de nouveau sur les dangers qu’elle entrainera de manière inéluctable.
Grégor Puppinck, directeur du centre européen pour la loi et la justice (ECLJ) rappelle avec force que « si on lâche sur le mariage homosexuel, tout va suivre, l’adoption, la PMA, la GPA et l’endoctrinement sexuel des enfants! […] Il est vain de dire « j’accepte le mariage, mais pas le reste » ». Et cela « à cause de la Cour européenne des droits de l’homme« . 

Pour cette dernière, le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) est automatique pour un couple marié, qu’il soit homosexuel ou non. Elle interdit en effet « toutes différences de traitement dans l’exercice du droit de procréer en ayant recours à la PMA« . Les couples de femmes pourront donc recourrir à une PMA dès lors qu’elles seront mariées. Sur cette éventualité, Aude Mirkovic, maître de conférence en droit privé et auteur de l’essai « Mariage des personnes de même sexe. La controverse juridique » interviewée par le journal Causeur, dénonce un abus de langage, rappelant la réalité : la PMA ne permettra pas à deux femmes d’avoir des enfants, mais « en pratique c’est une femme qui sera inséminée par un inconnu, de manière à priver son enfant de père, pour qu’il puisse être adopté par une autre femme ».

La gestation pour autrui (GPA) ensuite sera très probablement accueillie par la CEDH. La GPA, rappelle Aude Mirkovic, reste « un scandale pour les femmes et les enfants, a fortiori lorsqu’elle est recherchée par un homme qui désire par ce biais priver son enfant de mère », ou encore n’est autre que de la « prostitution et de la vente d’enfant« , surrenchérit Grégor Puppinck. Cependant, du fait même de la circulaire Taubira « qui reconnaît la filiation des enfants nés par GPA pratiquée à l’étranger« , la Cour ne pourra que s’exprimer sur l’hypocrisie de l’interdiction de la GPA en France. Trois instances sont pendantes actuellement devant la Cour, dont deux contre la France, sur des affaires de GPA. 

L’adoption par les couples de même sexe est déjà entérinée par la Cour européenne des droits de l’homme, qui a déjà affirmé dans une affaire contre l’Autriche « qu’il n’est pas préférable en soit pour l’enfant d’avoir sa filiation établie envers son père et sa mère plutôt qu’envers deux femmes ou deux hommes« . 

Pour Aude Mirkovic la loi n’a pas à valider ou organiser des procédés fabriquant des enfants délibérément privés de père ou de mère, et c’est bien pour cela que la loi Taubira doit être retirée.
Grégor Pupinck voit encore plus loin, le mariage pour tous, l’adoption, la PMA, la GPA, accumulés à la théorie du genre qui se révèle chez nos politiques qui souhaitent »s’appuyer sur les enfants pour changer les mentalités, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles » démontre une idéologie néo-marxiste et ultra libérale « qui veut nous imposer sa conception mortifère et marchande de l’individu et de la société« . Pour lui, ce sont « les idéologues qu’il faut soumettre à la réalité, et la première réalité, c’est que tout enfant a un père et une mère; c’est le moment de ne rien lâcher! ».  

 

<p>France Catholique (Grégor Puppinck) 05/04/2013 - causeur.fr (Théophane Le Méné) 05/04/2013</p>

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