Loi de bioéthique : « Parmi les possibles quels sont les souhaitables ? »

Publié le : 2 février 2021

« La grande question de l’éthique est de s’interroger : parmi les possibles quels sont les souhaitables ? C’est une question de sagesse et pas d’être pour ou contre le progrès », explique Thierry Magnin, docteur en physique, théologien et recteur délégué de l’université catholique de Lille.

Alors que le projet de loi de bioéthique revient au Sénat, le scientifique revient sur la « PMA pour toutes » : « Du désir d’enfant au droit à l’enfant, explique-t-il, la frontière est de plus en plus ténue. Le poids du projet parental l’emporte très nettement sur les droits de l’enfant ». Pour lui, « le projet de loi bioéthique transforme des techniques – initialement utilisées pour faire face à l’infertilité – en prestation de service répondant à des désirs » et il ajoute : « C’est un virage de la médecine ». Il déplore que le législateur soit en passe « de légaliser voire d’encourager » l’absence d’un père qui est pourtant « un drame de la vie ». Une loi débattue sans avoir pris le temps d’en « mesurer les conséquences ». Il s’interroge : « Parmi les possibles quels sont les souhaitables ? »

Pour Thierry Magnin, cédant au « libéralisme qui s’est déjà fait sentir lors des précédentes lois de bioéthique (…), nous sommes en train de faire les mêmes erreurs en bioéthique que l’on a fait avec la nature ». Il déplore qu’ « en bioéthique on considère le corps en pièces détachées. Avec les technologies on travaille sur ces pièces détachées sans prendre en considération le tout qu’elles forment, à savoir le corps ».

Pourtant, ceux qui « font les lois » devraient prendre en compte « leur responsabilité de déterminer ce qui va être humanisant, vraiment au service de chaque être humain ». Il rappelle l’importance cruciale « de voir comment ces technologies peuvent être au service du bien commun et pas simplement au service de désirs individuels, notamment dans une société marchande ». Il précise que « s’écarter d’une loi de la nature n’est pas problématique en soi tant que l’action est orientée vers le bien commun » mais que seul « le côté humanisant, le respect de la dignité de tout être humain (…) doit guider la technologie ». Il interroge : « bouleverser la filiation pour répondre à des désirs individuels est-ce en ligne avec le bien commun ? » Avec fermeté, il répond : « Non ».

Source : Aleteia, Agnès Pinard Legry (01/02/2021) – Photo : iStock

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres