Lignées de cellules embryonnaires sans détruire l’embryon : éthique ou intox ?

Publié le : 1 septembre 2006

L’annonce

 

Le 23 août 2006, le Pr Robert Lanza et son équipe d’Advanced Cell Technology (USA) annoncent sur le site de la revue Nature avoir réussi à créer des lignées de cellules souches embryonnaires humaines sans détruire les embryons (1). Jusqu’ici, les chercheurs utilisaient des embryons âgés de cinq jours au stade blastocyste (composés d’une centaine de cellules), ce qui entraînait leur destruction. L’équipe du Pr Lanza a travaillé sur des embryons de 8 à 10 cellules au stade blastomère. Ils ont ainsi sélectionné des embryons issus de la fécondation in vitro sur lesquels ils ont prélevé une cellule unique, et après culture de ces cellules uniques, ils auraient créé deux lignées de cellules souches embryonnaires. Les embryons d’origine ont été détruits mais partant du constat que dans le cadre du diagnostic préimplantatoire, on prélève une cellule de l’embryon au stade blastomère avant d’implanter l’embryon sain, les auteurs de cette expérience en ont déduit que le développement des embryons n’est pas forcément affecté par le prélèvement d’une cellule à un stade aussi précoce. Il s’agit d’une déduction, ils ne l’ont pas prouvé.

 

Une pratique éthique ?

 

S’il est possible de ne pas détruire l’embryon, cela rend-il légitime cette technique ?

– Cette méthode repose sur une manipulation in vitro d’un embryon conçu par fécondation in vitro, ce qui en soi pose des problèmes éthiques.

– L’implantation chez une femme d’un embryon « amputé » d’une cellule, constitue une expérience contraire à l’éthique.

– Enfin, il est probable qu’une cellule prélevée à ce stade précoce de l’embryon (8 à 10 cellules) soit totipotente ; si c’est le cas, elle pourrait, en se développant, donner un embryon, puis un enfant. La recherche faite sur cette cellule serait donc aussi peu éthique que celle faite sur un embryon.

Le but poursuivi par les promoteurs de cette technique est de faire accepter la création de lignées de cellules souches embryonnaires par tous les Etats qui autorisent le diagnostic préimplantatoire mais interdisent les recherches sur l’embryon qui entraînent sa destruction. 

 

1. Human embryonic stem cell lines derived from single blastomeres, I. Klimanskaya, Y. Chung, S. Becker, S.J Lu and R. Lanza, in Nature, doi:10.1038 / nature05142, published online 23/08/06.

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