L’Europe divisée autour des cellules souches embryonnaires

Publié le : 14 février 2002

La récente décision de l’Allemagne d’autoriser l’importation de cellules souches embryonnaires met en valeur une fois de plus l’incapacité des Quinze à mettre en place des dispositifs législatifs et réglementaires communs en la matière. 

Rappelons que ces fameuses cellules souches issues d’embryons ont la capacité de donner naissance aux différents tissus de l’organisme. La thérapie cellulaire qui pourrait découler des recherches dans ce domaine permettrait de soigner des maladies liées à une dégénérescence tissulaire. C’est pourquoi les enjeux médicaux et économiques apparaissent particulièrement importants. Or les politiques européennes en la matière divergent selon les pays. 

En  Allemagne, la loi du 13 décembre 1990 interdit de produire in vitro plus d’embryons que ceux qui seront implantés dans l’utérus de la future mère. Depuis fin janvier, cependant, elle autorise l’importation de cellules souches issues d’embryons humains.

En France, l’Assemblée a voté courant janvier une loi autorisant la recherche sur les embryons surnuméraires. Toutefois, cette disposition ne pourra entrer en vigueur avant début  2003.

Le Royaume-Uni quant à lui a autorisé il y a un an la création d’embryons humains pour obtenir des cellules souches.

Pour le professeur Spiros Simitis, président du Comité national allemand d’éthique, il existe une « absolue nécessité d’une entente et d’une réglementation européenne (…) C’est bien à l’Union européenne de définir ce qui peut ou non être fait « . Même écho du côté du président du Comité national italien d’éthique qui ajoute « Il faut en outre que nous dégagions les moyens financiers permettant de développer les recherches sur les cellules souches humaines qui ne proviendraient pas d’embryons« . En effet, les dernières découvertes sur la potentialité des cellules souches adultes laisse espérer la mise au point de thérapies génératrices à partir de cellules prélevées sur le patient lui même.

Enfin, les comités d’éthique des différents pays s’accordent pour encourager la création de collaboration bilatérales  pour « une mise en commun des matériels et des compétences et peut-être pour aider à une harmonisation des réflexions et des pratiques ».

 

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

<p>Le Monde (Jean-Yves Nau) 14/02/02</p>

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