Les régulations chinoises en matière d’éthique sont-elles insuffisantes ?

Publié le 25 Jan, 2016

Les annonces chinoises en matière de recherche font souvent polémiques : c’est le cas des récentes déclarations de Xu Xiaochun, scientifique et entrepreneur chinois, qui souhaite construire « le plus grand centre de clonage commercial d’animaux au monde» (cf. La Chine construit le plus grand centre de clonage commercial d’animaux ), ou celles du laboratoire de l’université Sun Ya Tsen en avril 2015, qui affirmait avoir manipulé génétiquement des embryons humains au moyen de la technique CRISPR-Cas9 (cf. Modifications génétiques d’embryons humains : une fracture symbolique qui appelle un sursaut éthique).

 

Xu Xiaochun estime que « les valeurs évoluant, il n’exclut pas qu’un jour, la perception du clonage humain change ». Quant aux chercheurs de Sun Ya Tsen, leur expérience avait été approuvée par le comité d’éthique de la faculté. Réexaminée suite à la controverse suscitée, le comité a conclu que « les procédures avaient été respectées et que l’expérimentation était légitime ».

 

Zhai Xiaomei, professeur et membre du Comité national d’éthique médicale explique ainsi que « les expérimentations sur des embryons sont autorisées en Chine, mais dans un cadre très strict. L’embryon ne doit pas avoir plus de quatorze jours, ne doit pas être produit à des fins de recherches, ne peut surtout pas être implanté à des fins reproductives et doit être détruit après la recherche ». Elle soutient qu’en Chine « il n’y a pas vraiment de débat autour de l’expérimentation sur les embryons ». L’école confucéenne qui a imprégné les esprits dit que « naître c’est le commencement d’une personne », aussi « les chinois ne considèrent un être comme une personne humaine qu’une fois qu’il est né ».

 

Cette position n’est toutefois pas partagée par tous les chercheurs chinois : Zhang Xinqing, du Comité National d’éthique médicale, remet en cause le bien fondé de ces essais qui « ouvrent la boite de Pandore ». Un groupe de scientifiques de Pékin sous la direction de Rao Yi dénonce également « la tendance chinoise à vouloir aller trop vite ». Ils « pointent une atmosphère de compétition exacerbée par les investissements massifs de leur pays dans les sciences dures avec une attente de résultats ».

 

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