Les premières cellules iPS in vivo aux “super-pouvoirs”

Publié le 17 Sep, 2013

 Dans son numéro du 12 septembre, Nature révèle que l’équipe de Maria Abad et Manuel Serrano du Centre de recherche sur le cancer de Madrid (CNIO) est parvenue chez la souris et pour la première fois, à reprogrammer in vivo des cellules adultes en cellules pluripotentes induites en modifiant génétiquement ces animaux. Les chercheurs ont voulu trouver une “formule alternative à celle établie par le Professeur S. Yamanaka pour créer des cellules iPS” (Introduction de quatre gènes in vitro dans les cellules adultes).

 

Pour cela, ils “ont élaboré un gène artificiel censé réagir avec un antibiotique pour provoquer la reprogrammation” des cellules des souris génétiquement modifiées par le gène artificiel. Ensuite, l’antibiotique a été directement administré aux rongeurs dans leur eau de boisson. En deux semaines, des tératomes (tumeurs) se sont développées, “regroupant plusieurs types de tissus de manière anarchique“.

 

Pour les chercheurs, l’apparition de ces tumeurs est le signe qu’il y a bien eu reprogrammation en cellules pluripotentes. Ils ont pu constater “que les cellules iPS ainsi générée étaient plus universelles que des cellules iPS ‘standards’ obtenues in vitro, ou des cellules souches embryonnaires: elles étaient capables de ses différencier en n’importe quel type de cellules embryonnaires, mais aussi en cellules précurseur d’annexe de l’embryon comme le placenta. En outre, l’injection de ces iPS dans le péritoine d’autres souris a induit la formation de pseudo-embryons, exprimant des marqueurs embryonnaires et extra-embryonnaires“.

 

Selon Alejandro de Los Angeles et George Daley, deux spécialistes de l’université de Harvard à Boston (Etats-Unis), cette deuxième découverte est un pas important vers ce qui pourrait devenir “un outil puissant de la médecine régénérative, la reprogrammation in situ de tissus“. 

 

Pour Jean-Marc Lemaitre, directeur de recherche Inserm à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier “cette reprogrammation in vivo permet de remonter encore plus loin dans le compte à rebours cellulaire“. Il ajoute: “il n’est finalement pas très étonnant de voir apparaître des tératomes avec un tel procédé, mais on peut imaginer que leur développement est fonction de l’environnement tissulaire, et qu’on pourra un jour le contrôler, peut être pour régénérer des tissus, des organes, voire des membres manquants“. 

 Le Monde-supplément Science&Médecine (Sandrine Cabut) 18/09/2013 – BE Espagne 129 (Bertrand Bouchet) 17/09/2013

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