Les perspectives thérapeutiques de la stérilité masculine

Publié le : 4 mars 2013

 Si la femme ne « produit des ovocytes qu’entre l’âge de la puberté et celui de la ménopause, l’homme produit des spermatozoïdes en permanence à partir de la puberté« . Cette production de spermatozoïdes, qui diminue avec l’âge, « est rendue possible par l’existence, dans le testicule de cellules souches spermatogoniales » qui « ont la capacité de s’autorenouveler et de se différencier en spermatozoïdes indéfiniment« . 

 

On observe plusieurs causes de stérilités masculines. Il peut s’agir d’une « insuffisance de production de spermatozoïdes [qui] [peut] être [due]  soit à l’existence d’un trop faible nombre de […] cellules souches » spermatogoniales dans le testicule du sujet, ou d’un « blocage du processus de formation des spermatozoïdes ».

 

Il peut s’agir aussi de la seule existence « dans le testicule des cellules de soutien appelées  cellules de Sertoli« .
Enfin, il peut aussi s’agir d’ « une stérilité masculine dite secondaire […] induite par un traitement toxique donné pour une pathologie cancéreuse par exemple« .

Sur ce dernier type de stérilité masculine dite secondaire, les perspectives thérapeutiques sont un défis à relever. En effet, le Dr Virginie Barraud-Lange, du service d’histologie – embryologie, biologie de la reproduction à l’hôpital Cochin, explique que »préserver les cellules souches avant un traitement anticancéreux ou même essayer de restaurer la spermatogenèse d’un homme ne produisant pas assez de spermatozoïdes » n’est pas possible actuellement. Seuls des essais chez la souris ont été effectués. En 1994, des travaux de recherche ont permis de réaliser « une spermatogenèse complète […] chez la souris rendue stérile, après transplantation de cellules souches spermatogoniales prélevées chez d’autres souris« . Cette greffe a permis« à la souris greffée de donner naissance à une primogéniture présentant les caractéristiques de la souris donneuse de greffon« , et « aucune anomalie du développement ou modification génétique n’a été observée sur deux générations de souris issues d’un mal transplanté« . Ces mêmes travaux ont été réalisés chez d’autres espèces de mammifères comme la chèvre, le cochon et le bovin, et « viennent d’être réalisés chez le singe macaque rhésus« . La revue Cell Stem Cell, relaye d’ailleurs de récents travaux du groupe de Hermann, à Pittsburgh, qui montrent que « des cellules souches spermatogoniales transplantées dans les testicules d’animaux stérilisés sont également capables de produire des spermatozoïdes fonctionnels, aptes à féconder des ovocytes in vitro par micro-injection (ICSI)« .

Chez l’homme, les chercheurs ne sont pas encore parvenus à « individualiser correctement » les cellules souches spermatogoniales. Une fois cette technique mise au point, le Dr Virginie Barraud-Lange précise qu’ « il devrait être possible de conserver les cellules souches de jeunes garçon non pubères devant être soumis à des traitements à risques stérilisants » et « d’enrichir le testicule d’un homme infertile en multipliant en laboratoire ses propres cellules souches spermatogoniales avant de les lui greffer pour repeupler son testicule« . 

<p> Le Figaro (Dr Virginie Barraud-Lange) 04/03/2013</p>

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